Niveau record de violences

  |  Radio-Canada avec Associated Press et Reuters
Des villageois afghans se recueillent sur les tombes de victimes des bombardements américains dans le village de Garni, dans la province de Farah. Des villageois afghans se recueillent sur les tombes de victimes des bombardements américains dans le village de Garni, dans la province de Farah.   © AFP/STR

De janvier à mai, l'OTAN a recensé 5222 attaques d'insurgés, une hausse de 59 % par rapport à la même période l'an dernier et un niveau record depuis 2001.

Les violences en Afghanistan ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis 2001. « Des mois difficiles s'annoncent », a admis jeudi le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan.

De janvier à mai, les attaques d'insurgés en Afghanistan ont augmenté de 59 % par rapport à la même période l'an dernier, selon les statistiques de l'OTAN. Au total, 5222 incidents ont été recensés par la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF).

Pour le seul mois de mai, on compte 1450 attaques menées par des insurgés. C'est la deuxième fois que le seuil des 1400 attaques est atteint depuis janvier 2007, après le mois d'août 2008.

Cette hausse des violences pour les cinq premiers mois de 2009 se répartit géographiquement comme suit:

  • 78 % dans le sud du pays, où sont déployés les militaires canadiens et la majorité des renforts américains.
  • 41 % dans l'est du pays, région frontalière des zones tribales du Pakistan.
  • 73 % dans l'ouest du pays, où l'armée américaine est accusée d'avoir tué de nombreux civils lors de raids aériens menés dans la province de Farah, au début mai.

En outre, les attaques à découvert ont augmenté de 61 % et celles utilisant des bombes placées sur les routes ont bondi de 64 %, toujours entre janvier et mai de cette année.

Selon les responsables militaires américains, cette augmentation des violences est en partie attribuable à la clémence de l'hiver passé, qui a facilité les déplacements des talibans entre l'Afghanistan et leurs repaires au Pakistan voisin. Mais elle serait également liée à l'intensification des opérations militaires de l'OTAN et de l'armée afghane.

Risques politiques

« Il est clair que la situation s'est détériorée au cours des deux dernières années et que nous avons des temps difficiles devant nous », a déclaré le général Petraeus.

Cette intensification des violences n'est pas sans risque politique pour le président américain Barack Obama, qui a décidé d'envoyer des milliers de militaires en renforts en Afghanistan. Des analystes craignent que cette nouvelle stratégie américaine ne se traduise par une forte hausse du nombre de morts américains, ce qui pourrait diminuer le soutien des Américains à la guerre à l'approche des élections de mi-mandat au Congrès, prévues en 2010.

Jeudi, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a soutenu que des progrès doivent être effectués en Afghanistan d'ici 12 à 18 mois, à défaut de quoi la patience des États-Unis s'épuisera rapidement.

Depuis son accession au pouvoir, le président Obama a réorienté la priorité militaire américaine de l'Irak vers l'Afghanistan et a procédé l'envoi de 21 000 soldats supplémentaires sur ce front. Selon le général Petraeus, le contingent américain en Afghanistan devrait atteindre 68 000 militaires « d'ici l'automne ».

Les États-Unis et ses alliés ont renversé le régime taliban en 2001 en riposte aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington qui, selon les autorités américaines, ont été préparés par Al-Qaïda dans ses repaires de l'Afghanistan.

En complément

Correspondants
à l’étranger

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Les Occidentaux durcissent le ton contre le régime syrien

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook