L'Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme que la grippe A (H1N1), qui a fait 144 morts dans le monde sur un total de 28 774 personnes infectées, a officiellement atteint l'état de pandémie. La décision, prise au terme d'une réunion du comité d'urgence de l'OMS, a été officiellement annoncée jeudi par la directrice de l'institution, Margaret Chan.
L'Organisation mondiale de la santé hausse son niveau d'alerte de 5 à 6, confirmant du coup que la maladie respiratoire, qui demeure bénigne dans la plupart des cas, a atteint l'état de pandémie.
Deux Chinoises passent devant une carte des fuseaux horaires à l'aéroport de Pékin.
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PC/AP/Ng Han Guan
La déclaration de l'état de pandémie est une mesure de la propagation de la maladie, et non de sa virulence. Jusqu'ici, la grippe A (H1N1) reste bénigne dans la grande majorité des cas.
Mardi, l'OMS avait déclaré être « très, très près » de déclencher le niveau 6 d'alerte pandémique. Des consultations avec les autorités des pays touchés par cette forme d'influenza ont eu lieu mercredi pour déterminer si la hausse du niveau d'alerte, actuellement à 5, était bel et bien justifiée.
En Australie, les autorités ont rapporté jeudi 1263 cas d'infection dans le pays, dont 5 personnes qui sont hospitalisées aux soins intensifs. L'Australie est au cinquième rang des pays les plus touchés par l'épidémie, après les États-Unis, le Mexique, le Canada et le Chili.
Les autorités de Hong Kong ont pour leur part ordonné jeudi la fermeture des garderies et des écoles primaires pour deux semaines, à compter de vendredi, après que 12 élèves de niveau secondaire eurent contracté le virus de la grippe A (H1N1).
Prudence au Canada
Au Canada, les autorités ont adopté un ton rassurant pour faire le point sur la situation au pays.
Le directeur national de la santé publique, le Dr David Butler-Jones, a rappelé que le niveau d'alerte de l'OMS était basé sur l'étendue de la propagation du virus, et non sur sa sévérité. Les cas de grippe A (H1N1) sont bénins en général, a-t-il expliqué, et au Canada, la maladie est semblable à une grippe saisonnière.
Le Dr Butler-Jones a déclaré que le gouvernement planifiait la production d'un vaccin contre la grippe A (H1N1) pour l'automne. La fabrication du vaccin pour la grippe saisonnière a d'ailleurs été devancée pour permettre aux usines de se concentrer sur le A (H1N1).
La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a mentionné pour sa part que le gouvernement aidait les Premières Nations à développer des tests pour intervenir efficacement dans les quelques communautés autochtones touchées par le virus, au Manitoba. Ottawa met aussi des médicaments antiviraux à leur disposition.
Au Québec
Le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier, a expliqué qu'une campagne de vaccination massive était en préparation, même si le niveau d'alerte de l'OMS changeait peu de choses à la situation québécoise. Le Dr Poirier n'a pas précisé à quel moment cette vaccination pourrait avoir lieu, mais ce ne sera pas avant l'automne.
Des plans régionaux sont élaborés pour mettre en place des sites temporaires de soins, en cas d'éclosion importante de grippe A (H1N1). Le Dr Poirier a indiqué qu'une incidence plus élevée du virus avait été remarquée à Montréal, surtout dans les hôpitaux pédiatriques.