Un militaire français surveille son écran radar, alors qu'il survole la zone de recherche.
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AFP/AFP PHOTO ECPAD
Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) chargé de faire la lumière sur les circonstances de l'écrasement du vol 447 d'Air France, au large du Brésil, estime que les investigations seront complexes. Le président du BEA, Paul-Louis Arslanian, a déclaré qu'il n'est « pas d'un optimisme total » quant à la possibilité de recouvrer les boîtes noires de l'avion.
Selon une source proche de l'enquête, les messages émanant de l'avion d'Air France avant sa disparition laissent penser qu'il s'est désintégré dans le ciel. Mais un ministre brésilien assure que la présence de traces de carburant à la surface de l'océan écarte cette hypothèse.
Selon Pierre Cochonat, de l'Institut français de la recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER), l'accès aux données des boîtes noires est fondamental pour faire progresser l'enquête et pour circonscrire le périmètre de recherche. À l'Agence France Presse, M. Cochonat a déclaré que « si on ne retrouve pas le signal, il est hors de question d'utiliser un submersible pour balayer des milliers de kilomètres carrés ».
Le directeur des opérations marines de la Compagnie Maritime d'Expertise (COMEX), Frédéric Gauch, a renchéri en disant que « c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ».
Le président du BEA, M. Arslanian, indique néanmoins que d'autres éléments sont à considérer, hormis les boîtes noires. Si elles restent introuvables, cela n'empêchera pas l'enquête de suivre son cours. Le BEA s'est d'ailleurs engagé à produire un rapport dès la fin du mois de juin.
Trois navires marchands ont été détournés de leur destination pour participer aux efforts de recherche. Les premiers navires de la marine brésilienne sont arrivés mercredi soir sur les lieux où ont été localisés les débris du vol AF447.
La France mobilise le navire le Pourquoi Pas, qui est équipé d'un mini-sous-marin Nautile et d'un robot de recherche capables d'intervenir jusqu'à 6000 m de fond. Il est aux Açores actuellement, soit à huit jours de route du site de recherches.
Cependant, les mauvaises conditions météorologiques pourraient retarder les opérations prévues dans la zone de recherches.
Il s'agit de la plus importante catastrophe aérienne de l'histoire de la compagnie Air France.
Hypothèses contradictoires
Pendant que les autorités s'activent pour retrouver les boîtes noires de l'appareil, plusieurs hypothèses continuent de circuler sur ce qui s'est passé dans les derniers instants du vol.
Selon le ministre de la Défense du Brésil, la présence de traces de carburant à la surface de l'océan écarterait l'hypothèse de l'explosion en plein vol. « La présence d'huile ou de carburants signifie qu'il est improbable qu'il y ait eu un feu ou une explosion, mais cela n'est qu'une hypothèse », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Brasilia.
Une photo prise par l'armée de l'air brésilienne montrant des traces de pétrole à l'endroit où l'avion se serait abîmé.
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AFP/Brazilian Air Force/HO
Mais selon une source au sein de l'aéronautique au courant de l'enquête, citée par l'Associated Press, les messages émis par l'appareil avant sa disparition laissent envisager qu'il s'est probablement désintégré dans le ciel avant de tomber dans l'océan. Jusqu'ici, seule une partie des messages émis par l'appareil avant sa disparition a été rendue publique. Mais une chronologie détaillée a été publiée mercredi par le quotidien brésilien O Estado de S. Paulo, qui cite une source non identifiée au sein d'Air France. La source de l'AP aurait confirmé ces informations.
D'après cette source, le pilote a envoyé un signal manuel à 23 h (heure locale) indiquant qu'il traversait une zone de nuages chargés d'électricité et accompagnés de vents violents et d'éclairs. Dix minutes plus tard, les messages laissent croire que plusieurs problèmes se seraient succédé. Ils montreraient que le pilote automatique s'est désengagé, qu'un système informatique clé est passé en mode d'alimentation de secours et que les moyens de contrôle nécessaires pour assurer la stabilité de l'avion étaient endommagés. Une alarme montrerait également la dégradation des systèmes de vols.
Trois minutes plus tard, de nouveaux messages automatiques auraient indiqué une défaillance des systèmes de contrôle de la vitesse, l'altitude et la direction et que le contrôle du principal ordinateur de vol était aussi tombé en panne.
Le dernier message automatique, envoyé à 23 h 14 (heure locale), signalerait une dépressurisation de la cabine et une défaillance électrique totale. Selon la source, il s'agirait d'événements catastrophiques d'un avion qui plongeait déjà vraisemblablement vers l'océan. « Cela ressemble clairement au scénario de l'avion qui se désintègre. Nous ne savons seulement pas pourquoi, mais ce que l'enquête montrera », a expliqué ce responsable à l'AP.
Menaces d'attentat
Par ailleurs, Air France révèle que, quatre jours avant la disparition du vol AF447, elle a reçu des menaces d'attentat contre un de ses appareils au départ de l'aéroport international de Ezeiza, près de Buenos Aires, en Argentine.
Air France exclut tout rapport avec la tragédie du vol AF447.
La fausse alerte à la bombe est survenue le 27 mai dernier. La menace visait le vol AF415 qui relie la capitale argentine et Paris. La police aéroportuaire avait examiné l'appareil sans trouver trace d'un engin explosif. Une enquête a été ouverte.
Le temps du recueillement
Les espoirs des familles des 228 victimes du vol AF447 sont anéantis. Les possibilités de retrouver des survivants sont quasiment nulles.
Des membres d'Air France assistent à la cérémonie, à l'extérieur de la cathédrale Notre-Dame.
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AFP/Boris Horvat
À Paris, une cérémonie oecuménique pour les familles des passagers de l'A330 et leurs proches se tenait à la cathédrale Notre-Dame, à 16 h, heure locale, mercredi, officiée par l'archevêque de Paris. Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni étaient présents, ainsi que le premier ministre François Fillon, François Bayrou, Martine Aubry et l'ex-président Jacques Chirac. Les membres de la direction d'Air France ont également assisté à la cérémonie.
La Grande Mosquée de Paris a organisé une prière à 14 h, mercredi.
De l'autre côté de l'Atlantique, les autorités brésiliennes ont décrété un deuil national de trois jours à la mémoire des victimes.