L'armée pavoise

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Bloomberg, Reuters et BBC
Velupillaï Prabhakaran, chef suprême des Tigres tamouls, et sa femme. Velupillaï Prabhakaran, chef suprême des tigres tamouls, et sa femme.   © AFP/HO

Les combats sont terminés, les Tigres battus. L'armée célèbre ce lundi sa victoire pleine et entière sur les rebelles tamouls dans le nord-est de l'île.

L'armée proclame sa victoire pleine et entière sur la rébellion tamoule. Les forces gouvernementales soutiennent aussi avoir tué leur chef suprême, Velupillaï Prabhakaran.

Après un long intermède de plus de 25 ans, le temps d'une longue et sanglante guerre civile, Colombo exerce à nouveau sa pleine et entière souveraineté sur le territoire sri-lankais. Dans les derniers instants de combats, « les Tigres n'avaient plus qu'un carré de 100 mètres sur 100 mètres », a précisé un responsable des forces armées. « Nous nous en sommes emparés », a-t-il conclu.

La victoire sur la guérilla séparatiste des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) paraît totale. La télévision d'État avait annoncé dans un bulletin spécial, un peu plus tôt cette même journée, la mort de leur chef suprême, Velupillaï Prabhakaran, fondateur des LTTE.

Selon des informations militaires non confirmées, il aurait été tué alors qu'il tentait de s'échapper du dernier réduit, à bord d'une ambulance. Son responsable des forces navales et son chef du renseignement, qui se trouvaient dans le véhicule, auraient aussi péri.

Sa mort a été confirmée peu après par un porte-parole de l'armée. Environ 250 rebelles ont aussi péri lors de l'assaut final.

« Aujourd'hui, nous avons fini la mission de libérer le pays des LTTE qui nous avait été confiée par le président », s'est félicité le chef de l'armée de terre, le général Sarath Fonseka

Le refus de l'armée de permettre aux journalistes l'accès aux zones de combats rend difficile la vérification des informations sur la situation, dont font état les militaires.

L'offensive des dernières semaines avait permis de ramener à quelques centaines de kilomètres carrés la zone d'influence des Tigres tamouls qui s'étendait, encore en 2006, à un tiers du territoire sri-lankais.

Devant l'impasse, le mouvement séparatiste annonçait dimanche par voie de communiqué qu'il déposait les armes afin que « l'ennemi n'ait plus d'excuses pour continuer à tuer les nôtres [les rebelles du LTTE] ».

La fin d'une ère sanglante

La rébellion, issue de la minorité tamoule, revendiquait depuis les années 1970 la création d'un État indépendant. Près de 70 000 personnes sont mortes au cours des deux décennies qu'a duré le conflit.

Les tigres tamouls avaient été placés sur la liste des organisations terroristes au milieu des années 1990 par les États-Unis et l'Union européenne, après avoir assassiné l'ancien premier ministre indien Rajiv Gandhi (1991) et le président du Sri-Lankais, Ranasinghe Premadasa (1993).

Les 27 pays de l'Union européenne ont appelé lundi à l'ouverture d'une enquête indépendante pour crimes de guerre après la mort de civils au Sri Lanka. Selon l'ONU, 6500 civils ont été tués depuis de l'offensive, lancée en janvier dernier. Les agissements tant de l'armée que des Tigres feront l'objet de l'enquête.

Les ministres ont aussi appelé d'une seule voix Colombo à permettre sans délai l'intervention des organisations humanitaires dans la zone de conflit pour aider la population.

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