Le ministre mexicain du Travail, Javier Lozano, et son homologue de l'Agriculture, Alberto Cardenas, mangent un repas préparé par des producteurs de porc, qui voulaient démontrer que leur viande ne comporte aucun risque pour la santé.
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AFP/Omar Torres
Mexico estime avoir droit à une compensation financière, car il estime avoir limité l'expansion du virus dans les autres pays en sonnant rapidement l'alarme.
Le Mexique souhaite obtenir un « dédommagement économique » pour l'épidémie de grippe A (H1N1). Le ministre de la Santé, le Dr José Angel Cordova, compte soulever la question lors de la prochaine assemblée générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'ouvre lundi prochain à Genève, en Suisse.
Le ministre Cordova estime que le Mexique a droit à ce dédommagement, car il est le pays le plus touché par le virus. Le plus récent bilan fait état d'une soixantaine de morts et de 2656 personnes malades. Le ministre soutient aussi qu'en sonnant rapidement l'alarme, le 23 avril, le Mexique « a permis de limiter l'expansion du virus dans les autres pays ».
L'industrie touristique mexicaine a été durement touchée par l'épidémie. De nombreux pays ont déconseillé à leurs citoyens de s'y rendre. Selon le ministre mexicain des Finances, la grippe coutera 2,3 milliards de dollars à l'économie du pays.
L'éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), en 2003, en Asie, a conduit à la mise en place de mécanismes de dédommagement par les organismes financiers internationaux comme la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, a souligné le ministre Cordova.
Un complot, selon Fidel Castro
Fidel Castro (archives)
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PC/Granma
Les propos du Dr Cordova vont à l'encontre de ceux de l'ancien président cubain Fidel Castro. Celui-ci a accusé, jeudi, le Mexique, les États-Unis et le Canada d'avoir caché l'éclosion du virus au reste de la planète.
Dans un commentaire lu à la télévision nationale et publié sur le site web cubadebate.cu, el commandante estime peu probable que les trois pays n'aient pas su plus tôt qu'une épidémie était sur le point de survenir.
« Pas même les services de renseignement des États-Unis, experts en information, ne savaient ce qui était sur le point d'arriver? » demande-t-il. Il ajoute que le président américain, Barack Obama, son homologue mexicain, Felipe Calderon, et le premier ministre canadien, Stephen Harper, se sont rencontrés au Sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, les 18 et 19 avril.
Ce n'est pas la première fois que Fidel Castro accuse le Mexique d'avoir tu l'apparition de l'épidémie. Il avait laissé entendre que le pays ne voulait pas compromettre la venue du président Obama sur son territoire.
Il avait fait cette déclaration au lendemain de la remise en question par Mexico d'une visite à Cuba du président Calderon. Cette remise en question était une réponse à la décision cubaine, prise le 29 avril, de suspendre indéfiniment les vols entre Cuba et le Mexique.
Près de 6500 personnes touchées
Le bilan des personnes infectées par le virus de la grippe A (H1N1) s'élève maintenant à près de 6500 et à 65 morts, dans 33 pays, selon l'OMS. Les États-Unis, le Mexique et le Canada sont les trois pays les plus touchés.
Au Canada, 60 nouveaux cas ont été confirmés en laboratoire, jeudi. Cela porte le total des cas à 449, bénins pour la plupart.
Les États-Unis comptaient jeudi 4298 cas. En soirée, l'agence Reuters a rapporté une quatrième décès lié à la grippe A (H1N1). Il s'agirait d'une Américaine souffrant d'une maladie pulmonaire sous-jacente. La femme âgée d'une quarantaine d'années serait morte la semaine dernière, en Arizona.
En outre, un premier cas grave a été recensé à New York. Il s'agit d'un enseignant d'une école du quartier Queen's. Il semble toutefois que l'homme avait des « problèmes de santé antérieurs », a déclaré en conférence de presse le maire Michael Bloomberg.
Trois écoles new-yorkaises où des élèves sont malades seront fermées pour une semaine, à compter de vendredi. Il s'agit d'une mesure préventive, a indiqué le maire.
Pas de vaccin pour l'instant
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PC/AP Photo/Seth
Enfin, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré jeudi qu'elle avait besoin de plus de temps avant de décider de produire ou non un vaccin contre la grippe. « Il n'est pas possible de dire à quelle date nous prendrons une décision, c'est vraiment un processus méticuleux et difficile », a déclaré le numéro deux de l'OMS, le Dr Keiji Fukuda.
L'OMS surveillera notamment si le virus prend de la vigueur en passant dans l'hémisphère sud, où l'hiver commence. Un vaccin pourrait alors s'avérer essentiel.
Par ailleurs, le Dr Fukuda a rejeté l'hypothèse, soulevée par un virologue, selon laquelle le virus aurait pu avoir été créé en laboratoire. L'OMS, qui dit avoir pris ces allégations très au sérieux, a finalement conclu que ce n'était pas le cas.