![]() International Sri Lanka « Un bain de sang », selon l'ONUMise à jour le lundi 11 mai 2009 à 8 h 53 Un « bain de sang » est en cours au Sri Lanka, affirment maintenant les Nations unies, au terme d'un week-end particulièrement meurtrier pour les milliers de civils qui demeurent confinés dans la dernière zone sous contrôle des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE), dans le nord-est du pays.
Cette zone, que Colombo évalue à tout juste 4 kilomètres carrés, abrite toujours un nombre indéterminé de civils. Les deux parties se rejettent la responsabilité de la présence de civils dans cette zone de guerre. V. Shanmugarajah, un médecin travaillant pour le gouvernement dans un hôpital de fortune situé près de la zone de combats, a déclaré à Associated Press que les corps de 430 civils ont été transportés sur place depuis samedi soir. Avant même que ce bilan ne grimpe, il avait évoqué la mort de plus de 100 enfants. Au total, plus de 1300 blessés se sont aussi présentés à l'hôpital. Le Dr Shanmugarajah précise que le nombre de blessés et les témoignages qu'ils livrent à leur arrivée à l'hôpital lui laissent croire que le pilonnage de la zone tamoule a fait environ 1000 morts. Beaucoup sont morts sous les décombres et d'autres ont rendu l'âme avant d'avoir pu se rendre à l'hôpital. Les informations en provenance de la zone de guerre ne peuvent être confirmées par des sources indépendantes. Les journalistes ne peuvent s'y rendre ni même s'en approcher, et les civils qui se trouvent dans des camps de réfugiés mis sur pied par le gouvernement ne sont pas accessibles non plus pour raconter ce qu'ils y ont vu ou entendu. Pour l'ONU, la cause est néanmoins entendue. « Nous avons régulièrement mis en garde contre les risques de bain de sang, et le massacre de civils dont plus de 100 enfants ce week-end tend à montrer que ce bain de sang est devenu réalité », a déclaré lundi un porte-parole de l'ONU, Gordon Weiss, sans blâmer quiconque pour cette situation. Un conflit qui s'éterniseColombo et les Tigres tamouls sont en guerre ouverte depuis 1983, mais le conflit couvait déjà depuis de nombreuses années. La fracture est linguistique et religieuse. Les Tamouls sont des hindouistes qui parlent tamoul, une langue qui n'a été reconnue officiellement par Colombo qu'en 1977. Ils réclament une partition de l'île, peuplée à 75 % de Cinghalais, majoritairement bouddhistes, afin de créer un État tamoul dans le nord. Le conflit qui déchire le pays, où vivent 20 millions de personnes, aurait jusqu'ici fait entre 60 000 et 70 000 morts.
Les rebelles tamouls affirment sur leur site Internet officiel, TamilNet, que le pilonnage de l'armée gouvernementale a fait 3200 victimes au cours de la fin de semaine. Colombo soutient pour sa part, comme elle le fait toujours, que les Tamouls tuent les leurs afin de ternir la réputation de l'armée sri-lankaise. Devant l'évolution de la situation, des organisations non gouvernementales, dont Human Rights Watch, Amnesty International et l'institut de recherche International Crisis Group ont écrit au premier ministre du Japon, Taro Aso, pour qu'il demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'avoir des discussions formelles sur la question. Le Japon est le principal fournisseur d'aide au Sri Lanka. « Nous estimons que le Japon [...] a un rôle important à jouer pour sauver d'innombrables vies de civils. [...] Si le monde continue d'ignorer la souffrance des civils au Sri Lanka, comme il l'a fait largement jusqu'à présent, ce sera un échec historique », peut-on lire dans le texte. Les diplomates des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU doivent discuter de la situation au Sri Lanka lundi, mais les discussions ne se tiennent qu'à un niveau informel pour le moment.
audio-vidéo
Le point avec Yanik Dumont Baron
Mouhssine Ennaïmi relate la situation au Sri Lanka où l'armée nationale et les indépendantistes tamouls s'affrontent.
Hyperlien externe
* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes
Lettre envoyée au premier ministre japonais
Site de l'International Crisis Group Fil international en continuMis à jour il y a 50 minutesCorrespondants à l'étranger
À ne pas manquer
En profondeur
|