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AFP/Eitan Abramovich
L'Organisation mondiale de la santé est accusée par le directeur du centre d'épidémiologie du Mexique, Miguel Angel Lezana, d'avoir été lente à réagir à l'apparition d'un foyer de pneumonie atypique, transformé en épidémie de grippe H1N1.
Le directeur du centre d'épidémiologie du Mexique estime que l'OMS a été lente à réagir à l'existence d'un foyer de pneumonie atypique et réclame une enquête.
Le Dr Miguel Angel Lezana s'est dit perturbé par la réaction de l'Organisation panaméricaine de la Santé (OPAS) et de son organisation mère, l'OMS, dans les premiers jours de l'épidémie.
Il a précisé avoir notifié l'OPAS dès le 16 avril de l'épidémie au Mexique, mais aucune décision n'a été prise. Ce n'est que huit jours plus tard que l'OMS a annoncé la propagation de la maladie.
La situation au Mexique
Le ministre de la Santé a indiqué jeudi soir que le bilan de la grippe A (H1N1) s'établit à 343 cas confirmés, dont 15 morts.
Lors d'une conférence de presse tenue plus tôt dans la journée, José Angel Cordova a cependant estimé que la propagation de la maladie se stabilisait. « L'augmentation du nombre de morts ne signifie pas que plus de personnes sont mortes au cours des dernières heures, mais que nous avons effectué davantage d'examens », a souligné M. Cordova.
D'ailleurs, les autorités mexicaines ont annoncé qu'elles ne feront plus le décompte des cas probables de grippe A (H1N1). Selon le dernier bilan en la matière, 84 décès étaient considérés comme suspects.
De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté que le nombre de cas confirmés de grippe H1N1 dans le monde est passé de 148 à 257. À noter, cependant, que les chiffres de l'OMS se fondent sur des données moins à jour que celles divulguées par les pays eux-mêmes.
Le niveau d'alerte pandémique demeure le même, à 5 sur une échelle de 6, l'Organisation ne disposant pas « d'élément qui laisserait penser qu'il faut passer au niveau 6 d'alerte », a annoncé jeudi le numéro deux de l'organisation, le Dr Keiji Fukuda.
Au total, 14 pays sont affectés par la grippe A (H1N1). Le nombre de cas confirmés dans le monde, outre le Mexique, foyer principal de l'épidémie:
En outre, le ministre de la Santé du Pérou a indiqué jeudi que le premier cas de grippe H1N1 qui avait été annoncé mercredi soir a finalement été infirmé après d'autres résultats d'analyses sur la patiente, une Argentine de 27 ans.
Plusieurs autres pays, dont le Brésil, la Colombie et l'Afrique du Sud, ont fait état de cas suspects. Des analyses sont en cours.
Les Mexicains invités à rester chez eux
Le président mexicain lors de son allocution
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AFP/HO
Afin d'éviter la propagation de la maladie, le président mexicain a demandé à ses concitoyens de « rester chez eux » durant le long week-end du 1er mai. « Restez chez vous avec votre famille parce qu'il n'y a pas d'endroits plus sûrs pour vous protéger contre la grippe porcine », a déclaré le président mexicain Felipe Calderon dans une allocution radiotélévisée mercredi.
Le président Calderon a affirmé que la maladie est « curable » et que le pays dispose de stocks suffisants de médicaments. Il a tout de même invité tous les secteurs « non essentiels » de l'économie à suspendre leurs activités.
Ainsi, les salariés de grandes compagnies, notamment dans le secteur automobile, ont été autorisés à prolonger le week-end du 1er mai jusqu'à mercredi. Certaines entreprises n'ont toutefois pas obtempéré et beaucoup de Mexicains à leur compte disent ne pas pouvoir se le permettre.
À Mexico, restaurants, cafés, bars, cabarets et discothèques sont fermés jusqu'au 5 mai, et doivent se cantonner à la vente des repas « à emporter ». « Tous les sites archéologiques » sont également fermés « jusqu'à nouvel ordre ».
Les établissements scolaires demeureront quant à eux fermés jusqu'au 6 mai. Le sport n'est pas épargné. La Fédération mexicaine de football a imposé le huis clos pour toutes les rencontres du week-end prochain.
Dans un autre registre, les autorités mexicaines vont demander devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) des « explications » aux pays qui ont arrêté ou restreint leurs importations de produits mexicains en raison de l'épidémie de grippe A (H1N1), comme les produits dérivés du porc.