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PC/AP Photo/Dario Lopez-Mills
L'éclosion de grippe porcine suscite de plus en plus d'inquiétude. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi de plus de 800 cas humains suspects au Mexique et de 8 autres cas aux États-Unis.
L'Organisation mondiale de la santé rapporte plus de 800 cas humains au Mexique et 8 autres aux États-Unis. Une soixantaine de décès seraient liés à la maladie.
Évoquant pour la première fois une « épidémie », le ministre mexicain de la Santé a annoncé un bilan de 943 cas recensés à l'échelle nationale, dont 20 cas mortels et 40 autres décès possiblement liés à la maladie. Des analyses sont en cours. L'OMS avait cité peu avant un chiffre de 18 cas mortels identifiés.
En matinée, les autorités mexicaines ont annoncé une vaste campagne de vaccination pour tenter de contenir la propagation de cette grippe. Mais plus tard dans la journée, le responsable de la santé pour Mexico, Armando Ahued, a indiqué qu'il était préférable de prendre un médicament, un « antivirus spécifique » qui permet de « traiter parfaitement les cas détectés et identifiés ».
Le vaccin correspond encore à une souche précédente du virus et est, pour cette raison, moins efficace que le médicament. Le Mexique dipose d'un million de doses de ce médicament.
Par ailleurs, les musées, bibliothèques et théâtres publics de la ville de Mexico ont été fermés pour une période indéterminée. Ces mesures s'ajoutent à la fermeture déjà annoncée de toutes les écoles, collèges et universités de la capitale et de l'État de Mexico.
L'aéroport est toujours ouvert, mais des équipes médicales sont présentes pour accueillir les passagers. On conseille aussi à la population d'éviter le métro, de ne pas s'embrasser et de ne pas se serrer la main.
Selon l'OMS, les premiers signes de l'épidémie au Mexique ont été relevés à la fin du mois de mars, avec un pic en avril. Craignant qu'une nouvelle souche de la grippe porcine ne donne naissance à une pandémie, l'OMS s'est mise en état d'alerte. Elle a indiqué être en contact avec les autorités canadiennes et américaines.
Inquiétude aux États-Unis
La Maison-Blanche prend au sérieux l'alerte à la grippe porcine et le président Barack Obama a été informé de la situation, a indiqué un porte-parole vendredi.
De leur côté, les experts médicaux américains sont « très inquiets » concernant l'apparition de cas de grippe porcine.« Nous avons mis en place des centres opérationnels d'urgence », a indiqué le porte-parole des Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC), Dave Daigle.
Huit cas ont été enregistrés aux États-Unis, en Californie et au Texas. Aucun décès n'a été signalé dans le pays, où le virus responsable de la maladie a été identifié comme étant de la souche H1N1.
Le directeur du CDC, le Dr. Richard Besser, a déclaré vendredi que le dernier cas recensé aux États-Unis était un enfant de San Diego, qui est maintenant rétabli. Les sept autres cas recensés touchent des personnes dont l'âge varie de 9 à 54 ans. Tous sont maintenant rétablis.
Le Dr. Besser avoue toutefois que la situation est préoccupante. « Nous sommes davantage préoccupés qu'hier », a-t-il dit en conférence de presse vendredi.
Prudence au Canada
À Ottawa, le gouvernement fédéral a tenu à rassurer la population, vendredi après-midi. La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, accompagnée du Dr David Butler-Jones, qui dirige l'Agence de la santé publique du Canada, a déclaré qu'aucun cas de virus de grippe porcine humaine n'avait été détecté au pays.
Le Dr Butler-Jones a précisé que le Mexique avait demandé l'aide du Canada, le 17 avril, pour analyser des échantillons du virus. « Aujourd'hui, a-t-il dit, on peut confirmer qu'il s'agit bien du virus de grippe porcine humaine ».
La ministre a assuré que les autorités sanitaires suivaient la situation de près, qu'elles étaient en contact régulier avec les provinces, le Mexique et les États-Unis, ainsi qu'avec l'OMS.
M. Butler-Jones recommande aux gens de se laver régulièrement les mains et de rester à la maison lorsqu'ils sont malades.
L'Agence de la santé publique du Canada demande aussi aux travailleurs de la santé de première ligne de signaler immédiatement tout cas possible de maladie respiratoire chez les voyageurs qui se sont rendus récemment au Mexique. La consigne de placer ces patients en isolement a également été transmise.
Plus tôt, le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario a confirmé que sa province surveillait de près une dizaine de voyageurs récemment rentrés du Mexique avec d'importants problèmes respiratoires.
Les producteurs agricoles du Canada qui accueillent chaque année des milliers de travailleurs mexicains pour la saison estivale sont inquiets. Certains se demandent si d'éventuelles restrictions pourraient compromettre l'arrivée de cette main-d'oeuvre indispensable au fonctionnement de leur exploitation agricole.
Le Costa Rica, le Nicaragua et le Pérou ont décrété l'alerte sanitaire. La France a annoncé l'installation d'un centre de crise, qui publiera des recommandations aux Français séjournant au Mexique ou projetant de s'y rendre.