Des civils tamouls sur le terrain d'un hôpital de Mullivakkal.
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AFP/Pigiste
Les événements se déroulent en accéléré dans le nord-est du Sri Lanka, où un conflit armé vieux de 26 ans pourrait être sur le point de connaître son dénouement.
L'armée poursuit son offensive contre les Tigres tamouls, poussés dans leurs derniers retranchements, tandis que Colombo en appelle à la communauté internationale pour faire face à l'afflux de déplacés par le conflit qui dépasse les 100 000 civils.
Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ne contrôlent plus qu'une étroite bande côtière, où se trouvent coincés les milliers de civils qui n'ont pu suivre dans leur exode les quelque 100 000 personnes ayant fui la zone depuis lundi.
Mercredi, coup dur pour les rebelles séparatistes, deux de ses hauts responsables se sont livrés.
L'armée soutient être en mesure de venir « à bout très vite » des Tigres tamouls, mais affirme refréner ses ardeurs afin d'éviter de faire des victimes dans les rangs civils.
« Nous n'utilisons aucune arme lourde, seulement des armes légères », a affirmé un général, porte-parole de l'armée, soucieuse de démentir les allégations des séparatistes, qui l'accusent de bombarder la zone au mépris des pertes civiles.
Colombo accuse en retour les Tigres tamouls d'utiliser les civils comme boucliers humains, une allégation retenue par le Conseil de sécurité de l'ONU.
« Les membres du Conseil de sécurité condamnent fermement les LTTE, une organisation terroriste, pour avoir utilisé des civils comme boucliers humains et leur avoir interdit de quitter la zone de conflit », a déclaré mercredi l'ambassadeur mexicain à l'ONU, qui appelle les Tigres tamouls à laisser partir les civils.
Le sort des civils se révèle en fait dramatique, tant dans la zone disputée que dans la région environnante, où l'afflux brusque de réfugiés depuis lundi, grâce à la brèche faite dans un mur de terre érigé par les rebelles, risque de submerger les infrastructures humanitaires.
« Il y a une grave surpopulation dans les camps, et cela va empirer dans les jours qui viennent. Il s'agit d'un gigantesque exode qui menace de déborder le dispositif en place », a insisté Gordon Weiss, représentant des Nations unies à Colombo.
La situation est telle que le gouvernement sri-lankais a demandé l'assistance de la communauté internationale, après s'y être jusqu'ici refusé, pour affronter ce qu'il décrit maintenant comme une « situation humanitaire d'urgence ».
Un conflit qui s'éternise
Colombo et les Tigres tamouls sont en guerre ouverte depuis 1983, mais le conflit couvait déjà depuis de nombreuses années. La fracture est linguistique et religieuse.
Les Tamouls sont des hindouistes qui parlent tamoul, une langue qui n'a été reconnue officiellement par Colombo qu'en 1977. Ils réclament une partition de l'île, peuplée à 75 % de Cinghalais, majoritairement bouddhistes, afin de créer un État tamoul dans le nord.
Le conflit qui déchire le pays, où vivent 20 millions de personnes, aurait jusqu'ici fait entre 60 000 et 70 000 morts.Jadis forte et organisée, la guérilla a perdu beaucoup de terrain ces derniers temps en raison des coups répétés de l'armée. Poussés dans leurs derniers retranchements, les insurgés auraient perdu 18 000 hommes en trois ans, selon Colombo.