Des poursuites possibles

L'entrée des bureaux de la CIA à Langley, en Virgine   © AFP/Saul Loeb

Le président Obama ne ferme pas la porte à d'éventuelles poursuites contre ceux qui ont justifié le recours à des méthodes d'interrogatoire controversées. Il écarte toutefois de telles mesures contre les agents de la CIA.

Aux États-Unis, le débat se poursuit sur les interrogatoires musclés auxquels ont été soumis des terroristes présumés. Le président Barack Obama a laissé la porte ouverte, mardi, à des poursuites contre ceux qui ont donné une couverture juridique à l'emploi de techniques assimilées à des actes de torture.

« Il va s'agir plus ou moins d'une décision pour le ministre de la Justice, dans le cadre de lois diverses, et je ne veux préjuger de rien », a précisé M. Obama.

Ces méthodes controversées, qui comprennent notamment la simulation de noyade, montrent, à ses yeux, une perte de « repères moraux » des États-Unis.

Des questions persistent tout de même sur les responsables qui pourraient faire l'objet de ces poursuites. S'agit-il des anciens conseillers juridiques ou d'ex-membres plus influents de l'administration Bush? La Maison-Blanche est muette sur cette question.

Le chef de cabinet de M. Obama, Rahm Emanuel, avait affirmé, dimanche, qu'il appartenait au département de la Justice de se prononcer sur ce point, le cas échéant. Il a néanmoins ajouté que le président Obama n'était pas favorable à ce qu'on poursuive ceux qui avaient « conçu ces politiques ».

Par ailleurs, le président américain ne s'est pas opposé à l'idée d'une enquête parlementaire sur le sujet, à condition que celle-ci se tienne « en dehors de la procédure d'audience classique » et en présence « de participants indépendants au-dessus de tout reproche ».

Pas de poursuites contre les agents de la CIA

En revanche, Barack Obama a répété qu'il serait « inapproprié » d'engager des poursuites contre les agents de la CIA qui ont appliqué ces méthodes, dès lors, a-t-il argumenté, qu'ils ont agi dans le cadre de règles fixées par l'administration Bush.

Cela dit, le nouveau chef de la Maison-Blanche a indiqué qu'il préférerait ne pas revisiter la totalité de l'ère Bush. « D'une manière générale, je pense que nous devrions regarder devant nous, pas derrière », a-t-il dit.

L'administration Obama a rendu publiques, la semaine dernière, quatre notes secrètes ayant servi, durant le mandat de George W. Bush, de base juridique pour des techniques d'interrogatoires controversées. Barack Obama a ordonné, en janvier dernier, l'arrêt de ces pratiques que les organisations de défense des droits de la personne considèrent comme de la torture.

Arsenal de techniques

Les documents en question, rédigés entre 2002 et 2005 par les services de conseil juridique du ministère de la Justice, autorisaient l'emploi de techniques comme le simulacre de noyade (waterboarding).

Les agents de la CIA étaient également autorisés à recourir à une douzaine d'autres méthodes, comme la nudité pour humilier les prisonniers, la privation de sommeil et de nourriture, les coups au visage ou au ventre, le confinement dans des espaces restreints, les douches d'eau glacée, etc.

Khalid Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, et Abou Zoubaydah, lieutenant supposé de Ben Laden, ont subi la simulation de noyade respectivement 183 et 83 fois.

La simulation de noyade La simulation de noyade, ou waterboarding en anglais, consiste à déverser de l'eau sur le visage d'un individu immobilisé la tête en bas sous une serviette imbibée. L'objectif est de provoquer chez le prisonnier une sensation de suffocation.

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