Le président américain sert la main à son homologue vénézuélien.
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Comme attendu, le Sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago s'est achevé sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale. Un document de compromis mis de l'avant n'a reçu l'aval que d'une partie des 34 pays participants, mais a tout de même été adopté dans l'état.
L'absence d'un consensus pour la déclaration finale, en raison de la question cubaine, aura été la fausse note dans un concert d'éloges pour l'ère nouvelle promise par Barack Obama dans les relations Nord-Sud.
La dissidence de partisans d'une levée rapide de l'embargo américain contre Cuba, au premier chef le Venezuela, était connue, et rien ne laissait croire que Washington accepterait de voir incluse une mention en ce sens dans la déclaration.
Cela n'a pas empêché le président américain, dans une allocution dimanche, de poursuivre l'ouverture diplomatique entamée vendredi à l'endroit de Cuba. Barack Obama a reconnu que la politique américaine des cinquante dernières années à l'égard de Cuba « n'avait pas fonctionné », mais ajouté qu'elle ne changerait pas dans un avenir proche.
Il n'a par ailleurs pas manqué de souligner les signaux positifs émanant tant du Venezuela et que de Cuba - qui n'était pas invité au sommet - et dit s'attendre à ce qu'ils passent maintenant de la parole aux actes, tout comme il s'engage à le faire. Le président Obama a notamment évoqué la possibilité que Cuba libère des prisonniers politiques.
Le président américain avait déjà semé les graines de la concorde, vendredi, en annonçant son intention de donner une nouvelle direction aux relations cubano-américaines, écho à la main tendue, jeudi, du président cubain Raul Castro.
Un tournant nord-sud
Il demeure que l'absence d'un consensus pour la déclaration finale aura été la fausse note dans un concert d'éloges pour l'ère nouvelle promise par Barack Obama dans les relations Nord-Sud.
La présidente du Chili Michelle Bachelet et le président américain Barack Obama.
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Barack Obama a conquis l'Europe. Il conquiert maintenant l'Amérique latine. Car là aussi, ses dirigeants, qu'ils soient du centre, de la gauche modérée ou d'une tendance plus radicale, ont décidé de croire possible l'ouverture d'une nouvelle ère dans leurs relations avec les États-Unis.
Poids lourd de l'Amérique latine, le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré que le sommet avait jeté les bases possibles d'une ère nouvelle dans les échanges entre États-Unis et Amérique latine, reprenant en fait un refrain entonné tout au cours de l'événement par ses différents acteurs.
La présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, a ainsi affirmé qu'un dialogue différent avait été ouvert avec le président américain Barack Obama. La Chilienne Michelle Bachelet a évoqué un échange franc.
Le président équatorien Rafael Correa, l'un des plus critiques envers Washington avec le Vénézuélien Hugo Chavez ou le Bolivien Evo Morales, a parlé lui aussi d'une « nouvelle ère », tandis que le président uruguayen Tabaré Vazquez lançait: « Nous avons tous pu lui parler et il a répondu à chacun [...] Cela n'arrivait pas auparavant ».
Dégel Washington-Caracas
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le président vénézuélien Hugo Chavez.
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La dissidence du Venezuela au moment de la déclaration finale ne doit pas ailleurs pas occulter le dégel diplomatique qui s'est amorcé entre Washington et Caracas au sommet, Barack Obama et Hugo Chavez multipliant les gestes d'amitiés.
Mieux encore, le département d'État américain a annoncé samedi, tard en soirée, qu'il oeuvrera au retour de son ambassadeur à Caracas et à celui de son homologue vénézuélien à Washington, écho direct de discussions tenues un peu plus tôt entre Hugo Chavez et la secrétaire d'État Hillary Clinton.
Les deux pays cloraient ainsi ce nouvel épisode d'hostilité ouvert en septembre dernier, sur des accusations de tentatives de coup d'État lancées par Caracas à l'endroit de Washington.
Dimanche, à la clôture du sommet le président vénézuélien a dit entrevoir « une volonté politique » de la part de son pays et des États-Unis, à travailler ensemble.