Une centrale américaine
Photo : AFP/David McNew
Changement de taille au niveau environnemental: l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a déclaré les gaz à effet de serre dangereux pour la santé publique vendredi.
L'Agence de protection de l'environnement déclare les gaz à effet de serre dangereux pour la santé publique, ce qui donne des munitions à la Maison-Blanche qui tente d'instaurer un marché du carbone.
« Ces gaz représentent un grave problème aujourd'hui et pour les générations futures », a déclaré la directrice de l'EPA, Lisa Jackson.
Après un examen scientifique approfondi ordonné par la Cour suprême en 2007, l'EPA a conclu que six gaz à effet de serre contribuaient à la pollution et risquaient de mettre en danger la santé publique, indique l'agence dans un communiqué.
Cette décision attendue ouvre la voie à des réglementations de ces émissions, dont la plus importante est le dioxyde de carbone (CO2). Elles tomberont désormais sous le coup de la loi antipollution, dite Clean Air Act, en vigueur depuis 1970.
Les autorités fédérales pourront ainsi prendre des mesures pour limiter les émissions dégagées par les voitures, avions, centrales électriques au charbon ou raffineries de pétrole. Autant d'émissions qui contribuent au réchauffement de la planète.
Par cette décision, l'agence confirme la volonté du président américain Barack Obama de s'attaquer au problème du réchauffement climatique.
Barack Obama presse le Congrès
La Maison-Blanche met d'ailleurs la pression sur le Congrès pour qu'il adopte une loi créant un système de marché de permis d'émissions, dit « cap and trade ». Celui-ci pénaliserait les pollueurs et encouragerait les énergies vertes. Mais de nombreux élus des États charbonniers et industriels y sont hostiles, tant du côté des républicains que des démocrates.
Barack Obama souhaite qu'un tel texte soit voté avant la conférence de l'ONU sur le climat, qui aura lieu à Copenhague en décembre.
Le représentant démocrate Ed Markey, du Massachusetts, qui préside la sous-commission Sécurité énergétique et Climat, a jugé de son côté qu'il était désormais temps pour le Congrès d'agir. Il est le coauteur du nouveau projet de loi sur le climat qui va dans le sens des objectifs du président Obama de ramener les émissions américaines de C02 à 14 % sous leur niveau de 2005 d'ici 2020 et 83 % d'ici 2050.
Les écolos applaudissent, l'industrie dénonce
Tous les groupes environnementaux américains se sont réjouis de cette décision. Joe Mendelson, de la National Wildlife Federation, évoque une annonce « historique », qui « bouleverse la politique sur le climat [et] qui aura des répercussions aux États-Unis et dans le monde ».
Les milieux industriels ont en revanche dénoncé la décision de l'EPA. Plus de 20 secteurs industriels dépendent des énergies fossiles et une action de l'EPA pour réduire l'utilisation du charbon dans les centrales électriques « pourrait réduire le PIB de 166 milliards de dollars [américains] et coûter 1,2 million d'emplois », a mis en garde Scott Segal, directeur du Electric Reliability Council, qui représente ce secteur.