Une autre rallonge pour la guerre

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Un soldat américain monte la garde près de Naray, dans la province afghane de Kunar.   © AFP/Liu Jin

Après avoir réclamé, dans son budget présenté en février dernier, 205 milliards de dollars de plus pour le financement des guerres en Irak et en Afghanistan au cours des deux prochaines années, le président américain Barack Obama estime qu'il en faudra encore davantage.

Le président Obama demande 83,4 milliards de dollars supplémentaires au Congrès pour financer les guerres en Afghanistan et en Irak au cours de la prochaine année.

Dans une lettre envoyée jeudi à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, M. Obama a demandé au Congrès de débloquer 83,4 milliards de dollars supplémentaires pour financer les activités militaires de l'année en cours. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, et le porte-parole des services budgétaires du Congrès, Tom Gavin, avaient confirmé auparavant qu'il s'agissait d'une rallonge supplémentaire qui n'était pas comprise dans le budget.

« Nous sommes confrontés à une situation sécuritaire en Afghanistan et au Pakistan qui exige une attention urgente. Les talibans se renforcent et Al-Qaïda menace l'Amérique depuis ses refuges le long de la frontière afghano-pakistanaise », écrit Barack Obama.

Ventilation des 83,4 milliards de dollars supplémentaires75,85 milliards pour les opérations militaires et de renseignement en Irak et en Afghanistan, dont 3,6 milliards pour l'armée nationale afghane

7,1 milliards pour l'aide internationale, dont:
- 400 millions pour aider le Pakistan à combattre le terrorisme
- 800 millions pour l'Autorité palestinienne et l'aide humanitaire dans la bande de Gaza
- 200 millions pour la Géorgie
- 800 millions pour les opérations de maintien de la paix de l'ONU, pour une mission étendue en République démocratique du Congo et pour une nouvelle mission au Tchad et en République centrafricaine
- 89,5 millions pour sécuriser des matériaux nucléaires russes et poursuivre la dénucléarisation en Corée du Nord

350 millions pour la sécurité et la lutte antidrogue à la frontière mexicaine

Barack Obama avait insisté pour que tous les fonds supplémentaires requis pour les efforts militaires soient inclus dans le budget, qui couvre un exercice financier débutant le 1er octobre prochain. Mais l'armée américaine a des besoins immédiats. « Nous ne pouvons pas attendre que le processus de dotation soit achevé en septembre ou août pour financer les opérations en Irak et Afghanistan en juin », a déclaré Robert Gibbs.

« La budgétisation et le processus de dotation honnête que le président a évoqués sont un peu victimes du fait que c'est la façon dont les guerres ont été financées précédemment », a ajouté M. Gibbs, tout en promettant qu'il s'agirait du dernier supplément pour l'Irak et l'Afghanistan.

Le budget de fonctionnement du département américain de la Défense est déjà de 534 milliards de dollars pour l'exercice financier en cours.

Les ambassadeurs réclament de l'aide

Plus tôt jeudi, les ambassadeurs afghan et pakistanais aux États-Unis estimaient que leurs pays avaient besoin de plus d'argent pour lutter contre la pauvreté et financer l'éducation, tous deux des facteurs alimentant les extrémistes. « Les ressources qui sont engagées peuvent paraître importantes, mais franchement, je pense qu'une entreprise au bord de la faillite est clairement capable d'avoir un plus gros renflouement », a déclaré l'ambassadeur pakistanais Husain Haqqani, lors d'un forum du centre de réflexion Atlantic Council, à Washington.

« Pourquoi est-ce que l'Afghanistan et le Pakistan se voient allouer moins d'argent pour résoudre un problème plus important... que, par exemple, certains groupes d'assurance ou automobile défaillants, dont le vrai haut fait est qu'ils n'ont pas été capables de construire des voitures vendables », a lancé M. Haqqani.

Le plan Obama pour l'Afghanistan prévoit le déploiement de plus de 130 000 soldats et 80 000 policiers d'ici 2011. L'ambassadeur afghan Saïd Jawad a estimé jeudi qu'il en faudrait près du double.

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