Obama à Ankara

Après avoir participé aux sommets du G-20 et de l'OTAN, le président américain Barack Obama conclut un séjour de huit jours en effectuant une visite officielle de deux jours en Turquie, lundi et mardi. La visite doit permettre de raffermir les liens entre les deux pays et d'aborder des questions d'une grande importance stratégique pour les Américains, dont la guerre en Afghanistan, les relations avec l'Iran et le processus de paix au Proche-Orient.

Au début d'une visite officielle de deux jours, le président américain Barack Obama déclare que les États-Unis « ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l'Islam ».

Le président Barack Obama devant le Parlement turc. Le président Barack Obama devant le Parlement turc.   © AFP/Adem Eltan

Après avoir rencontré le président Abdullah Gül et le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le président Obama a notamment profité d'un discours prononcé devant les parlementaires turcs pour déclarer que « les États-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l'Islam ».

Il a aussi réitéré que l'Iran est à l'heure des choix. « J'ai clairement fait savoir au peuple et aux dirigeants de la République islamique que les États-Unis recherchent une relation basée sur les intérêts et le respect mutuels. [...] Maintenant, les dirigeants iraniens doivent choisir s'ils veulent construire une arme ou bâtir un avenir meilleur pour leur peuple. »

Au sujet du processus de paix au Proche-Orient, le président Obama a rappelé que les États-Unis sont en faveur de la création d'un État palestinien vivant en paix avec Israël. « C'est l'objectif que les parties concernées ont convenu d'atteindre dans la feuille de route et à Annapolis. Et c'est l'objectif que je poursuivrai activement en tant que président », a-t-il déclaré. La semaine dernière, le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, avait déclaré que son gouvernement n'était pas lié par le processus d'Annapolis.

Le président américain n'a pas commis l'impair diplomatique de parler du « génocide arménien », comme il s'était engagé à le faire lors de la campagne électorale pour parler du massacre d'Arméniens commis en 1915. Ankara s'oppose vivement à toute initiative du genre.

Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse conjointe donnée avec le président Gül, il a déclaré: « Mon opinion est connue et je n'ai pas changé d'idée. J'ai été très encouragé par le fait que sous la direction du président Gül, une série de négociations a été lancée, qu'un processus est en cours entre l'Arménie et la Turquie pour résoudre toute une série de questions depuis longtemps en suspens, y compris celle-là. [...] « Je souhaite encourager autant que possible ces négociations qui pourraient porter leurs fruits très rapidement. »

Le président Obama devait conclure sa journée par une brève apparition au Forum de l'Alliance des civilisations, une organisation de l'ONU qui vise à créer un dialogue entre l'Occident et le monde arabo-musulman.

Washington pour une Turquie européenne

Le président Obama, qui est arrivé dimanche à Ankara, avait commencé sa journée sur une note symbolique, en visitant le mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, qui a fondé l'État turc moderne sur les cendres de l'Empire ottoman dans la foulée de la Première Guerre mondiale.

Le président turc Abdullah Gül et le président Obama passent la garde d'honneur en revue. Le président turc Abdullah Gül et le président Obama passent la garde d'honneur en revue.   © AFP/Adem Eltan

Après avoir déposé une gerbe de fleurs, M. Obama a signé le livre d'or du mausolée. Il y a écrit qu'il souhaitait « consolider les relations entre les États-Unis et la Turquie et renforcer la vision et l'héritage d'Atatürk ». Reprenant une expression d'Atatürk, il a ajouté « Paix dans la patrie, paix dans le monde ».

Le président Obama a entrepris son séjour sous de bons auspices, en réitérant haut et fort, avant même d'y mettre les pieds, que les États-Unis étaient en faveur d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Ces propos n'ont pas eu l'heur de plaire à Paris et Berlin, mais les journaux turcs ont salué l'initiative.

Les relations entre les États-Unis et la Turquie, pourtant membre de l'OTAN, ont été tendues ces dernières années, particulièrement depuis qu'Ankara a refusé que des troupes américaines se déploient sur son territoire dans le cadre de l'attaque américano-britannique contre l'Irak. Les attaques turques contre des séparatistes kurdes réfugiés en Irak ont aussi contribué à crisper les relations entre les deux pays.

La Turquie, État laïc de plus de 75 millions d'habitants, presque tous musulmans, est un pays d'une grande importance stratégique. Aux frontières de l'Europe et du Moyen-Orient, il partage des frontières avec de nombreux pays au coeur de conflits contemporains, dont l'Irak, l'Iran, la Syrie et la Géorgie.

Ankara entretient en outre des relations avec Israël qui lui permettent de jouer un rôle de médiateur dans différentes négociations, dont celles visant la rétrocession du plateau du Golan à la Syrie, ou dans celles entourant la conclusion d'un accord de cessez-le-feu permanent entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Correspondants
à l’étranger

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Les Occidentaux durcissent le ton contre le régime syrien

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook