Le président américain Barack Obama avec, à l'avant-plan, son homologue français et la chancelière allemande.
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AFP/Sascha Shuermann
Le président américain a lié l'avenir des relations entre l'Occident et les pays musulmans à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
Le président français accueille mal l'intervention du président américain en faveur de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Il estime qu'il n'a pas à s'immiscer dans une affaire de politique intérieure.
« Évoluer vers l'adhésion de la Turquie à l'UE constituerait un signal important de votre engagement dans ce sens », a affirmé Barack Obama, qui est arrivé à Ankara dimanche, après le sommet États-Unis/Europe à Prague.
Cette déclaration ne déroge en rien de la position traditionnelle américaine, mais elle survient à un moment délicat, alors que les négociations d'adhésion, entamées en 2005, piétinent maintenant depuis un certain temps, en raison de l'opposition de certains poids lourds européens, dont la France et l'Allemagne.
Cette sortie de Barack Obama arrive au lendemain de discussions au sommet de l'OTAN où l'intervention de Washington a permis de lever les réticences turques face à la candidature du premier ministre danois à la tête de l'Alliance atlantique. Les Turcs lui reprochent la manière dont il a géré l'affaire des caricatures de Mahomet.
Le président français, opposant de longue date au processus d'adhésion, a immédiatement appelé son homologue américain à ne pas se mêler de la politique intérieure de l'Europe.
« Je travaille main dans la main avec le président Obama, mais s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider » a-t-il rétorqué, ajoutant qu'à son avis, « une immense majorité des États membres » de l'UE partageaient la position de la France sur la Turquie.
Diplomate, la chancelière allemande Angela Merkel a rappelé qu'il s'agissait, de la part du président Obama, d'une déclaration « dans la tradition des États-Unis », mais qu'il est trop tôt pour arrêter la forme la plus appropriée à donner aux relations entre la Turquie et l'Europe.
Les propos du leader américain auront au moins réjoui la Commission européenne, qui conduit les négociations avec Ankara et milite pour la poursuite du processus.
« Je me réjouis des propos de M. Obama. Nous avons commencé les négociations avec la Turquie en vue d'une adhésion à l'UE et il s'agissait d'une décision unanime de l'ensemble des 27 États », a rappelé son président José Manuel Barroso.