Pyongyang lance sa fusée

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Base de lancement en Corée du Nord Base de lancement en Corée du Nord   © AFP/DIGITALGLOBE

Des sources gouvernementales américaines, sud-coréennes et japonaises affirment que le régime nord-coréen a lancé une fusée censée transporter un satellite, ce qui provoque des réactions diplomatiques immédiates.

La Corée du Nord a procédé dimanche matin au lancement anticipé d'une fusée censée transporter un satellite.

Selon diverses informations provenant de sources gouvernementales américaines, sud-coréennes et japonaises, l'engin longue portée a survolé le Japon. Le gouvernement japonais a indiqué qu'il n'avait pas tenté d'intercepter la fusée, dont les deux étages « semblaient » s'être abîmés, l'un en mer du Japon, l'autre dans l'océan Pacifique.

Selon Washington, la fusée a décollé de la base de Musudan-ri, dans le nord-est de la Corée du Nord, à 11 h 30, heure locale (2 h 30 GMT). Sans donner de détails, le département d'État américain a parlé du lancement d'un missile.

Séoul, Tokyo et les États-Unis, par la voix du président Barack Obama, ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon un diplomate onusien cité par l'agence Reuters, cette réunion devrait avoir lieu dimanche à 15 h HAE (19 h GMT).

Washington a accusé la Corée du Nord d'avoir violé la résolution 1718 du Conseil qui interdit au régime de Kim Jong-il tout lancement de missile balistique. Un porte-parole du département d'État, Fred Lash, a qualifié le lancement d'acte de provocation.

La Corée du Sud aurait envoyé deux contre-torpilleurs suivre de près le tir, tandis que la marine japonaise avait déployé des bâtiments d'intercepteurs de missiles le long de l'itinéraire de vol. Le Japon, les États-Unis et la Corée du Sud avaient toutefois exclu d'abattre la fusée elle-même.

La Corée du Nord avait prévenu qu'un tel geste serait considéré comme un acte de guerre. En outre, elle a indiqué que toute sanction de l'ONU entraînerait la reprise de son programme nucléaire militaire.

Un lancement pacifique, selon Pyongyang

Pyongyang avait annoncé vendredi que les préparatifs étaient terminés et que le lancement était imminent. Le régime nord-coréen assurait que le lancement de la fusée censée transporter un satellite s'inscrivait dans un programme spatial pacifique.

Néanmoins, ce tir a semé l'inquiétude chez ses voisins et au sein de l'ONU. La Corée du Sud, le Japon et les États-Unis y voyaient une manoeuvre déguisée pour lancer un missile à longue portée de type Taepodong-2, susceptible d'être doté d'une ogive nucléaire et d'atteindre le territoire américain.

Un premier test avec ce type de missile avait échoué en juillet 2006, l'engin ayant explosé 40 secondes après son lancement. La Corée avait ensuite enchaîné avec un essai nucléaire en octobre de la même année.

Ces derniers jours, la pression internationale n'a pas réussi à arrêter le nouveau projet de lancement. Le Conseil de sécurité envisage d'ailleurs de durcir les sanctions. Les États-Unis, la France, le Japon et la Grande-Bretagne ont évoqué une résolution qui condamnerait le lancement et renforcerait les sanctions existantes.

À Strasbourg, où il assistait au sommet de l'OTAN, le président américain Barack Obama a déclaré qu'il s'agissait de « faire savoir à la Corée du Nord qu'elle ne peut menacer impunément la sécurité et la stabilité des autres pays ».

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