L'approche Obama plébiscitée

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
La traversée symbolique du Rhin par le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer, les présidents Obama et Sarkozy et la chancelière Angela Merkel, le 4 avril 2009 La traversée symbolique du Rhin par le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer, les présidents Obama et Sarkozy et la chancelière Angela Merkel   © AFP/Michael Urban

Les alliés européens de Washington au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ont offert un début de réponse à l'appel lancé vendredi par le président américain pour une hausse des efforts internationaux en Afghanistan.

Les leaders européens embrassent l'idée d'une hausse relative du contingent militaire en Afghanistan et saluent la nouvelle stratégie élaborée par l'administration Obama pour le pays.

Selon la Maison-Blanche, plusieurs pays européens, au premier chef la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Espagne, ont promis d'envoyer des militaires supplémentaires en Afghanistan. Quelque 5000 soldats supplémentaires viendraient ainsi s'ajouter aux 70 000 militaires étrangers déjà sur le terrain, ainsi qu'aux 21 000 soldats promis par l'administration Obama.

Un peu plus de la moitié du nouveau contingent, soit 3000 soldats, sera déployé à temps pour garantir la sécurité de l'élection présidentielle qui doit y avoir lieu en août. Entre 1400 et 2000 autres soldats participeront à former l'armée nationale afghane.

L'annonce en avait été faite un peu plus tôt, sans le détail des contingents, par le secrétaire général sortant de l'OTAN, à l'issu du sommet de l'alliance à Strasbourg. Jaap de Hoop Scheffer a salué ce nouveau coup de pouce aux opérations de l'OTAN en Afghanistan.

« Je peux vous dire que j'ai entendu plus de dix alliés (faire) des contributions substantielles pour ce pays dans les domaines militaire, civil, et financier. Alors, on peut absolument dire que cette réunion a été un grand succès. » — Jaap de Hoop Scheffer

Autre victoire pour l'administration Obama, qui a placé l'Afghanistan au centre de sa politique internationale, les membres de l'OTAN ont exprimé publiquement leur appui à la nouvelle stratégie américaine. Le président Barack Obama estime notamment que la solution du conflit afghan passe par les voisins pakistanais et iranien.

« [La stratégie] correspond point pour point à ce que les Européens demandaient depuis des mois et des années. Sur le fond des choses, c'est la thèse qui a toujours été défendue par l'Europe sur l'Afghanistan qui est en train de triompher. » — Le président français Nicolas Sarkozy

« L'époque des malentendus, des soupçons respectifs est terminée », a poursuivi le président Sarkozy.

Le président américain Barack Obama a salué l'appui « unanime » à sa stratégie et rendu hommage au président français et à la chancelière allemande Angela Merkel, coorganisateurs du sommet, pour « l'engagement dont ils ont fait preuve à l'égard de l'Afghanistan ».

La reconstruction et la pacification de ce pays ont été le principal sujet des discussions à ce sommet qui marque les 60 ans de l'Alliance Atlantique.

Stephen Harper au sommet

Le premier ministre du Canada Stephen Harper est satisfait de l'engagement accru des alliés de l'OTAN dans la mission afghane.

En conférence de presse à Strasbourg samedi, M. Harper a affirmé qu'on avait répondu au « maximum de ses attentes » dans le cadre du sommet de l'OTAN.

Stephen Harper a rappelé que le principal objectif de la mission afghane est l'accélération de la formation des troupes policières et militaires afghanes et le développement de la bonne gouvernance.

Au sujet de la loi afghane sur le statut des femmes chiites, qui stipule qu'une femme est tenue presque en tout moment de répondre aux désirs sexuels de son mari, le premier ministre Harper a affirmé que le Canada faisait des pressions sur l'administration afghane pour que le principe de l'égalité entre les hommes et les femmes soit respecté.

Stephen Harper a rappelé que l'Afghanistan était un pays souverain, mais que l'engagement du Canada dans ce pays était basé sur le respect de ce principe d'égalité.

La traversée du Rhin

Plus tôt samedi, les 28 chefs d'État et de gouvernement, membres de l'OTAN, ont d'abord fait une traversée symbolique du Rhin, dans le cadre d'une cérémonie marquant la deuxième et dernière journée de la rencontre.

La chancelière allemande Angela Merkel a guidé les dirigeants jusqu'au milieu de la passerelle où le président français Nicolas Sarkozy a pris la relève jusqu'à l'autre rive. Cet acte souligne le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, après 43 ans, et l'entrée de la Croatie et de l'Albanie dans l'Alliance.

Nouveau secrétaire généralPar ailleurs, les dirigeants ont réussi à s'entendre sur le choix du nouveau secrétaire général de l'organisation. Le premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen remplacera à ce poste Jaap de Hoop Scheffer, le 1er août prochain.

Vendredi, la candidature du favori avait été rejetée par la Turquie, qui lui reproche la façon dont il a géré l'affaire des caricatures de Mahomet au Danemark, il y a quelques années.

Selon Ankara, c'est finalement l'intervention directe du président américain Barack Obama et sa garantie de trouver réponse à ses réserves qui ont convaincu la Turquie de ne pas s'opposer à ce choix.

Des manifestations

À l'issue du sommet, des heurts entre manifestants et policiers sont survenus lors d'une grande manifestation organisée par les collectifs anti-OTAN. Le rassemblement a réuni 10 000 personnes, selon la police. Les organisateurs ont plutôt parlé de 30 000 participants.

Les échauffourées ont fait six blessés parmi les manifestants, qui ont été repoussés à l'aide de gaz lacrymogènes. Quatre membres des forces de l'ordre ont également été blessés.

Des manifestants anti-OTAN à Strasbourg, le 4 avril 2009 Des manifestants anti-OTAN à Strasbourg   © AFP/AXEL SCHMIDT

En matinée, 25 manifestants avaient été arrêtés à Strasbourg, en marge de ce sommet.

La police a repoussé plusieurs centaines de personnes qui tentaient de s'approcher du centre de la ville, où étaient réunis les chefs d'État et de gouvernement. Les services de tramways étaient paralysés dans toute la ville.

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