Karzaï doit « clarifier cet imbroglio », dit Cannon

La loi afghane qui limite les droits des femmes en matière de consentement sexuel du pays est « extrêmement alarmante et inquiétante pour les alliés », soutient le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon. Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse donnée à Strasbourg, en prévision du sommet de l'OTAN, le ministre Cannon a fait savoir qu'il a demandé des explications au président afghan Hamid Karzaï.

La loi qui limite les droits des femmes en matière de consentement sexuel est « extrêmement alarmante et inquiétante pour les alliés », affirme le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

Des femmes afghanes dans une rue de Kaboul.   © AFP/Alexander Nemenov

« C'est la politique canadienne de soutenir les droits de l'homme, vous le savez. C'est la pierre angulaire de la politique canadienne en matière d'affaires étrangères », a-t-il dit. « C'est la raison pour laquelle je demande aujourd'hui au président Karzaï de répondre et de clarifier le plus rapidement possible cet imbroglio. C'est extrêmement alarmant et inquiétant pour les alliés ».

Le texte de la réforme de la loi familiale en question n'a pas encore été publié. Mais selon un document du Fonds de développement de l'ONU en faveur des femmes obtenu par le quotidien The Guardian, il interdit aux femmes de refuser des relations sexuelles à leur mari, ainsi que de sortir, de travailler ou d'aller chez le médecin sans la permission de leur mari.

Le gouvernement Karzaï, qui a signé cette loi sur la famille afghane, selon The Guardian, n'a pas encore commenté cette affaire. D'aucuns croient que l'objectif consiste à s'assurer de l'appui des Hazaras, des chiites persanophones, lors des prochaines élections, qui auront lieu en août. Les Hazaras représentent de 9 % à 19 % de la population afghane.

La Constitution afghane reconnaît l'égalité des droits des femmes, mais elle permet aussi aux chiites d'avoir une loi distincte en matière de droit familial, basée sur la tradition religieuse.

Ambassadeur embarrassé

L'ambassadeur de l'Afghanistan au Canada, Omar Samad.

Jeudi, l'ambassadeur afghan à Ottawa, Omar Samad, a eu du mal à défendre la position du gouvernement afghan dans cette affaire, lors d'une entrevue accordée dans le cadre de l'émission Les coulisses du pouvoir.

« Je comprends qu'il y a des réactions, que ce soit au Canada ou ailleurs. Même en Afghanistan. Mais ça fait partie d'une jeune démocratie qui est en voie de développement », a-t-il fait valoir. Il a ajouté: « L'Afghanistan a choisi la voie de la démocratie, la voie des droits de la personne, des droits des femmes, et la Constitution afghane prévoit le respect de ces droits, alors c'est notre but. »

De son côté, Ottawa a déjà fait valoir sa « profonde préoccupation » au gouvernement afghan et a réclamé le respect de ses engagements en matière de défense des droits de la personne. Le premier ministre Stephen Harper a déclaré que le développement des droits de la personne est à la base de la contribution canadienne en Afghanistan.

Rappelons qu'Ottawa a dépensé quelque 10 milliards de dollars pour appuyer le gouvernement du président Hamid Karzaï et consacre 5 millions de dollars à un projet distinct de réforme du droit familial afghan.

Correspondants
à l’étranger

  • Michel C. Auger
    Michel C. Auger

    Vidéo -  Obama apaise la controverse

  • Jean-François Bélanger
    Jean-François Bélanger

    Airs de contestation

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Syrie : nouvelle initiative de la Ligue arabe

Tous les correspondants

Facebook