Le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman
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AFP/Ronen Zvulun
Après Annapolis, le Golan. À peine 24 heures après son entrée en fonction, le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères aura ainsi, par deux fois, infléchi de façon significative la diplomatie d'Israël.
Le ministre des Affaires étrangères rejette la possibilité d'un retrait du Golan, pomme de discorde avec la Syrie, et hausse une nouvelle fois ses exigences pour une éventuelle reprise des négociations avec les Palestiniens.
Dans une entrevue accordée au quotidien israélien Haaretz, Avigdor Lieberman, issu de l'extrême droite, a rejeté tout retrait des hauteurs du Golan en échange de la paix avec la Syrie.
« Il n'existe aucune résolution du Cabinet concernant les négociations avec la Syrie et nous avons déjà dit que nous nous opposerons à un retrait du Golan », a dit le ministre, recourant à des arguments légalistes similaires à ceux évoqués pour son rejet d'Annapolis, processus de relance des négociations de paix avec les Palestiniens.
Ces déclarations rendent peu probable une reprise prochaine des négociations entamées en 2008 avec la Syrie, par l'intermédiaire de la Turquie, sur la rétrocession de ce plateau qui surplombe le nord d'Israël.
Les discussions étaient rompues depuis l'offensive israélienne contre la bande de Gaza, conduite entre le 27 décembre et le 17 janvier, mais devaient reprendre sous peu, selon l'ex-premier ministre Ehoud Olmert.
Les hauteurs du Golan, occupées par Israël depuis la guerre des Six Jours, ont été annexées en 1981, un geste que n'a toujours pas avalisé la communauté internationale. Les deux pays sont toujours officiellement en guerre.
Lieberman hausse la barre
Poignée de main entre Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas à Annapolis
Le ministre Lieberman a par ailleurs continué à prendre ses distances avec l'entente d'Annapolis de novembre 2007. Mercredi, au moment de sa nomination, il avait présenté ce processus de relance des négociations de paix avec les Palestiniens comme nul et non avenu, arguant qu'il n'avait jamais été avalisé par le Parlement et le gouvernement.
Il annonçait alors avoir l'intention de s'en tenir strictement à la Feuille de route, ce plan de paix élaboré en 2003 par un quartette composé des États-Unis, de l'Union européenne, de la Russie et de l'ONU.
Or, Annapolis, concocté par Washington, avait été embrassé tant par le précédent premier ministre Ehoud Olmert que par le président palestinien Mahmoud Abbas parce qu'il prenait acte de l'échec de la Feuille de route.
Il visait à rendre possible des négociations sur un futur État palestinien, notamment sur la question de Jérusalem, des frontières, du sort des colonies juives, sans pour autant que les parties aient à remplir au préalable les conditions édictées par le plan de 2003.
Appliquer la Feuille de route impliquerait notamment que l'Autorité palestinienne reprenne d'abord le contrôle de la bande de Gaza, sous la coupe du Hamas depuis juin 2007, ce qui demeure pour l'instant hautement improbable. Le ministre Lieberman en fait pourtant une condition sine qua non de tout progrès dans les négociations.
« Les Palestiniens doivent avant tout [...] reprendre le contrôle de Gaza et démilitariser le Hamas. Sans cela, il sera difficile d'aller de l'avant », a fait valoir le ministre issu de l'extrême droite à Haaretz.
Selon le négociateur palestinien Saëb Eerekat, Avigdor Lieberman ne fait qu'instrumentaliser la Feuille de route pour éluder le processus de paix.
« Il cherche à réécrire la feuille de route pour qu'elle soit conforme à son intention de ne pas cesser les activités de colonisation et de ne pas négocier sur les questions centrales », soutient-il.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton entend rencontrer le plus rapidement possible son homologue israélien pour lui rappeler l'engagement de l'administration Obama à oeuvrer à la création d'un État palestinien indépendant, aux côtés d'Israël. Le président américain devrait aussi rencontrer prochainement le nouveau premier ministre israélien à la Maison-Blanche.
Avigdor Lieberman, chef du parti d'extrême droite Israël Beitenou, est le principal partenaire du Likoud au sein du gouvernement de coalition dirigé par Benyamin Nétanyahou.