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Afghanistan
Une loi qui indigne Ottawa

Mise à jour le mercredi 1 avril 2009 à 23 h 26

Des femmes afghanes dans une rue de Kaboul.

Photo: AFP/Alexander Nemenov

À Ottawa, les députés, les ministres et les sénateurs n'ont pas manqué d'exprimer leur outrage devant la possibilité que le gouvernement afghan d'Hamid Karzaï adopte une loi contestée. Titrée Nouvelle loi sur la famille afghane, elle priverait les femmes de la minorité chiite de leurs droits fondamentaux.

Le texte de la réforme n'est pas encore connu. Mais, selon une agence de l'ONU, elle interdit aux femmes de quitter la maison, d'aller à l'école, chez le médecin ou d'avoir la garde de leurs enfants, sans la permission ou la présence de leur mari.

De plus, les femmes mariées n'auraient plus le droit de refuser d'avoir des relations sexuelles avec leur mari. Essentiellement, le Parlement donnerait aux hommes de confession chiite le droit de violer leur épouse sans crainte de représailles.

La Constitution afghane reconnaît l'égalité des droits des femmes, mais elle permet aussi aux chiites d'avoir une loi distincte en matière de droit familial, basée sur la tradition religieuse.

La nouvelle loi controversée n'a pas encore été officiellement rendue publique. Certains disent que le gouvernement Karzaï l'a approuvée en hâte pour s'assurer de l'appui, aux prochaines élections, de la minorité ethnique des Hazaras, des musulmans chiites représentant entre 9 % et 19 % de la population, selon les sources.

Concert de réprobations

Au Canada, gouvernement et opposition sont unanimes pour dénoncer cette loi.

Ottawa a dépensé quelque 10 milliards de dollars pour appuyer le gouvernement du président Hamid Karzaï et consacre 5 millions de dollars à un projet distinct de réforme du droit familial afghan.

Alors qu'il est à Londres pour le sommet du G-20, le premier ministre Stephen Harper a indiqué que le gouvernement Karzaï subira les pressions de plusieurs pays alliés en mission en Afghanistan. Se déclarant « profondément inquiet », le chef des conservateurs a ajouté que la défense des droits de la personne, dont ceux des femmes, est au centre des raisons pour lesquelles les forces alliées sont présentes en Afghanistan.

Pour sa part, le ministre de la Défense nationale, Peter Mackay, trouve le projet de loi afghan tout à fait « inacceptable, point final ». Pour sa part, la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, n'en revient tout simplement pas.

À la Chambre des Communes, le ministre du Commerce international, Stockwell Day, a dit qu'il y aurait de graves conséquences, sans toutefois préciser lesquelles.

Les partis d'opposition ont exprimé une indignation similaire, et ils demandent au gouvernement d'agir.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, privilégie la voie diplomatique, tandis que le chef néodémocrate, Jack Layton, suggère de bloquer l'aide du Canada au gouvernement afghan. Du côté du Bloc québécois, Gilles Duceppe réclame une dénonciation sur le plan international du gouvernement Karzaï.

La nouvelle loi afghane a déjà été critiquée par certaines parlementaires afghanes et une agence de l'ONU pour les femmes. Le bureau du président Karzaï s'est jusqu'à présent refusé à tout commentaire sur cette question.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et Agence France Presse

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