![]() International G-20 Dissensions au sommetMise à jour le mercredi 1 avril 2009 à 22 h 19 À moins de 24 heures du sommet du G-20 de Londres, les dissensions semblent de plus en plus évidentes entre les pays qui souhaitent de nouveaux investissements publics pour relancer l'économie mondiale et ceux qui s'intéressent davantage à une refonte du système financier international, afin d'éviter de futures crises financières. Ces positions sont défendues d'un côté par les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon et de l'autre, par la France et l'Allemagne.
Au terme d'une rencontre avec le premier ministre britannique Gordon Brown, mercredi matin, à Downing Street, le président américain Barack Obama a tenté de minimiser ces différences en déclarant à la presse que les pays du G-20 ont « la responsabilité de coordonner [leurs] actions et de [se] concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques ».
Selon le président américain, la capacité des participants à adopter des mesures efficaces permettrait de faire la différence entre une crise qui s'étire et une reprise rapide. « Je sais que chaque pays du G-20 défend son approche », a dit Barack Obama. « Je sais que nous ne nous entendrons pas sur tout. » Comme il le fait souvent depuis son accession au pouvoir, M. Obama a déclaré qu'il n'était pas venu à Londres pour dicter les volontés américaines, mais pour proposer des idées et écouter. Il s'est tout de même dit sûr que le sommet « permettra de refléter un énorme consensus sur la nécessité de travailler de concert pour résoudre ces problèmes ». Un porte-parole du premier ministre Brown a confirmé un peu plus tard qu'aucune entente n'avait encore été conclue entre les participants au sommet du G-20. « De toute évidence, de nombreux points restent à résoudre au sujet de la réforme de la régulation financière », a-t-il déclaré à l'agence Reuters. Le porte-parole a ajouté que « des débats sont toujours en cours concernant les ressources supplémentaires dont le FMI a besoin. » Sarkozy martèle son message
De l'autre côté de la Manche, toutefois, le président français Nicolas Sarkozy a une fois de plus prévenu, sur les ondes d'Europe 1, qu'il n'entend pas s'associer « à un sommet qui se conclurait par un communiqué de faux compromis, qui ne traiterait pas les problèmes qui nous occupent ». « En l'état actuel des choses, les projets [du G-20] ne conviennent ni à l'Allemagne ni à la France », a déclaré le président français, qui préconise notamment de s'attaquer aux paradis fiscaux et à la réglementation encadrant les fonds spéculatifs. M. Sarkozy n'a pas réitéré sa menace de claquer la porte du sommet s'il n'obtient pas ce qu'il souhaite. « La politique de la chaise vide marquerait un échec qui serait celui du sommet. Je ne veux pas croire qu'on arrivera à cela », a-t-il dit. La chancelière allemande, Angela Merkel, s'est dissociée de cette menace, mercredi, lorsqu'un porte-parole a déclaré que la politique de la chaise vide « n'est pas, pour la chancelière, la meilleure idée ». Mme Merkel a néanmoins réitéré qu'elle soutient le président français lorsque celui-ci déclare que les pays du G-20 ne peuvent pas se contenter « de compromis faibles eu égard à la forme que prendra le marché financier à l'avenir ». Lors d'une conférence de presse donnée plus tard aux côtés de la chancelière allemande, le président Sarkozy a réitéré que la France et l'Allemagne « s'exprimeront d'une seule voix » lors du sommet du G-20. « Nous voulons que dans les résultats, le principe d'une nouvelle régulation soit un objectif majeur ». Cet objectif, a-t-il précisé, « n'est pas négociable ». Le président Sarkozy fait flèche de tout bois à l'aube du sommet. Dans une lettre publiée mercredi par plusieurs médias, dont le Washington Post, l'International Herald Tribune, l'espagnol El Pais et le japonais Yomiuri Shimbun, il martèle que le sommet doit « obtenir des résultats concrets ». Selon le président français, les dirigeants du G-20 ne sont pas au bout du chemin, « et il faudra peut-être d'autres rencontres après celle de Londres pour achever les réformes engagées ». Il ajoute: « L'échec nous est interdit, le monde ne le comprendrait pas, l'histoire ne nous le pardonnerait pas ». M. Sarkozy n'est pas le seul chef d'État à recourir aux grands organes de presse pour passer son message. Dans une entrevue accordée au quotidien d'affaires britannique Financial Times, le premier ministre japonais Taro Aso a évoqué la dure crise économique qu'a traversée le Japon ces dernières années et a conclu que « l'expérience de ces 15 dernières années » montre la « nécessité » d'une « mobilisation budgétaire ».
Le premier ministre canadien Stephen Harper n'est pas en reste. Dans une entrevue accordée à Sky News, il a de nouveau mis de l'avant la solution de compromis qu'il proposera au G-20 pour obtenir une entente sur une refonte de la régulation financière. Sur les ondes de CNN, Stephen Harper a plaidé en faveur d'un investissement massif des États dans l'économie. C'est la deuxième fois en un peu plus de quatre mois que les chefs d'État et de gouvernement du G-20 se réunissent pour discuter de la situation économique mondiale. À la mi-novembre, ils s'étaient entendus sur une série de principes (renforcement de la transparence et la responsabilité des marchés financiers, promotion d'une régulation saine des banques, renforcement de la coopération internationale) à partir desquelles ils devaient présenter des propositions concrètes en vue du sommet de Londres. Les pays du G-20 s'étaient donné un an pour concrétiser ses principes. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Le Monde, Reuters, BBC et The Guardian
En profondeur
G-20: sommet de Londres
audio-vidéo
Les dirigeants des principales économies mondiales doivent coordonner leurs positions pour lutter contre la crise mondiale.
Les négociations s'annoncent ardues au sommet du G-20 et la colère des manifestants ne tarit pas, rapporte Emmanuelle Latraverse.
Manon Globensky fait le point sur les manifestations à Londres à la veille de la rencontre du G-20.
Luc Chartrand s'intéresse aux luttes de pouvoir annoncées entre les États-Unis, l'Europe et la Chine au sommet du G-20.
Quels sont les objectifs des membres du G-20 quant au système capitaliste mondial? Gérald Fillion fait le tour de la question.
Par crainte d'être oubliée, l'Afrique a décidé de parler d'une seule voix au sommet du G-20, rapporte Marie-Laure Josselin.
Daniel Paillé, professeur de finance et d'éthique, parle des défis qui attendent les membres du G-20 pour venir à bout de la crise.
Fil international en continuMis à jour il y aÀ ne pas manquer
En profondeur
|