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AFP/Alexander Nemenov
Le gouvernement afghan aurait approuvé une loi familiale, destinée aux chiites, qui interdit notamment aux femmes de refuser des rapports sexuels à leurs maris. Une législation qui suscite l'indignation à Ottawa.
En Afghanistan, l'administration du président Hamid Karzaï aurait approuvé une nouvelle loi familiale qui interdit aux femmes de refuser des rapports sexuels à leurs maris, de quitter la maison sans leur permission ou d'avoir la garde des enfants. Cette législation, destinée exclusivement à la minorité chiite du pays, suscite l'indignation du gouvernement canadien.
La constitution afghane reconnaît l'égalité des droits des femmes, mais elle permet aussi aux chiites d'avoir une loi distincte en matière de droit familial, basée sur la tradition religieuse. La nouvelle loi controversée n'a pas encore été officiellement rendue publique, mais elle a déjà été critiquée par certaines parlementaires afghanes et une agence de l'ONU pour les femmes.
Certains disent que le gouvernement Karzaï l'a approuvée en hâte pour s'assurer de l'appui, aux prochaines élections, de la minorité ethnique des Hazaras, des musulmans chiites représentant entre 9 % et 19 % de la population, selon les sources.
Mardi, les autorités canadiennes ont communiqué avec le gouvernement afghan pour lui faire part de leurs préoccupations à ce sujet. Participant au sommet international sur l'Afghanistan qui s'est tenu à La Haye, aux Pays-Bas, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, aurait notamment parlé à deux ministres afghans.
« Si ces informations sont vraies, cela va causer de sérieux problèmes pour le Canada », a déclaré le ministre du Commerce international, Stockwell Day, à la Chambre des communes. Le Nouveau Parti démocratique, qui s'est opposé à la mission militaire afghane, a lui aussi condamné la législation.
Le bureau du président Karzaï s'est jusqu'à présent refusé à tout commentaire sur la législation.