« Douch » accusé de crimes de guerre

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Kaing Guek Eav, alias Douch, premier responsable des Khmers rouges accusé devant un tribunal international Kaing Guek Eav, alias Douch   © AFP/Mak Remissa/POOL

Les débats de fond du premier procès international d'un des responsables du régime des Khmers rouges ont débuté lundi à Phnom Penh, au Cambodge.

Kaing Guek Eav, premier responsable sous le régime de Pol Pot à subir son procès, fait face à des accusations de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de torture et de meurtre prémédité.

Kaing Guek Eav, 66 ans, aussi appelé « Douch », a pu entendre les chefs d'accusation de crimes de guerre, crimes contre l'humanité, torture et meurtre prémédité retenus contre lui pour son rôle dans la dictature de Pol Pot, de 1975 à 1979. Douch dirigeait la prison de Tuol Sleng, ou camp S-21, où plus de 15 000 personnes ont été torturées et exécutées.

Deux millions de personnes, soit environ le quart de la population cambodgienne de l'époque, sont mortes sous ce régime.

« Outre l'exécution de détenus condamnés d'avance comme des traîtres, un but majeur de S-21 était de soutirer des confessions aux prisonniers, dans le but de démasquer d'autres réseaux », a déclaré l'un des greffiers chargés de lire l'acte d'accusation. Selon le document, des coups, l'électrocution, le recouvrement de la tête avec un sac en plastique et le déversement d'eau dans le nez étaient des méthodes utilisées sous la férule de Douch pour obtenir des confessions de prisonniers.

Des témoins ont aussi parlé de pratiques comme l'arrachage d'ongles des doigts et des orteils, dont Douch aurait été au courant, selon l'acte d'accusation. D'autres témoins ont raconté que les prisonniers étaient achevés dans des fosses, rebouchées par la suite.

L'avocat français de Kaing Guek Eav a déclaré que son client profiterait du procès pour s'adresser aux juges, aux victimes et à la population cambodgienne. Environ 500 personnes peuvent assister au procès dans la salle d'audience. Une vitre pare-balles sépare l'accusé de la foule.

La Cour a déjà exclu la peine de mort pour Douch, qui risque la prison à perpétuité.

Quatre autres dirigeants khmers, au profil considéré comme plus politique, doivent comparaître plus tard devant ce même tribunal, parrainé par les Nations unies.

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