Lawrence Cannon
Le Canada continuera de réaffirmer sa souveraineté dans l'Arctique, quelles que soient les prétentions des autres pays dans cette zone.
Au moment où la Russie annonce le déploiement de troupes dans Arctique, le ministre des Affaires étrangères affirme que le Canada sera intraitable sur la souveraineté canadienne dans cette région.
C'est ce qu'a indiqué le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, vendredi midi, après l'annonce de la Russie de créer une force militaire pour défendre ses intérêts dans cette région convoitée pour ses réserves de pétrole et de gaz naturel.
Le gouvernement fédéral a d'ailleurs déjà fait un premier pas pour marquer sa souveraineté dans la région. En vertu de la loi sur la marine marchande, Ottawa veut désormais obliger tous les navires qui se dirigeant vers les eaux de l'Arctique du Canada à s'identifier à l'intérieur des 200 milles marins. Il va également élargir de 100 à 200 milles marins sa zone de protection de l'environnement.
Le ministre Cannon a indiqué son intention de parler du dossier avec le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Serguei Lavrov, la semaine prochaine, lors du sommet du G20, à Londres.
Le Canada, la Russie, les États-Unis, le Danemark et d'autres pays se disputent la souveraineté de l'Arctique où se trouvent d'importantes ressources naturelles. Des spécialistes affirment que la région pourrait receler jusqu'à 25 % des ressources en pétrole et gaz qui restent à découvrir dans le monde.
Déploiement militaire russe dans l'Arctique
Un navire de guerre russe croise dans la mer de Barents
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PC/AP Photo
La Russie a concrétisé ses visées territoriales dans l'Arctique en annonçant le déploiement d'unités militaires et de détachements du Service fédéral de sécurité (FSB) dans l'Arctique.
Dans un document officiel publié récemment sur le site Internet du Conseil de sécurité russe, on apprend que le président russe Dimitri Medvedev a approuvé ces mesures stratégiques dans l'Arctique le 18 septembre 2008.
Dans ce document, on apprend aussi que la Russie entend faire de l'Arctique une « base stratégique de ressources » pour notamment « assurer ses besoins en hydrocarbures, en ressources biologiques, en eau et autres matières premières stratégiques ». C'est pourquoi, estime Moscou dans le même document, qu'« il est nécessaire de créer des unités militaires [...] dans la zone arctique de la Fédération de Russie afin d'y assurer la sécurité militaire ».
Conscient de la tension que provoquerait cette annonce dans les pays qui ont aussi des visées dans l'Arctique, notamment le Canada, le Conseil de sécurité russe a expédié vendredi une note explicative à l'Agence France Presse. On peut y lire que Moscou n'a pas l'intention de militariser l'Arctique, mais bien de défendre ses intérêts nationaux dans cette région convoitée.
Une stratégie en trois volets
Selon le site Internet du Conseil de sécurité russe, la mise en oeuvre de sa stratégie dans l'Arctique se fera en trois étapes réparties de 2008 à 2020.
La première étape qui s'échelonne de 2008 à 2010 vise à déterminer les frontières de la Russie dans l'Arctique par des études géologiques et géographiques.
Le gouvernement russe entend ensuite obtenir, entre 2011 et 2015, la reconnaissance internationale de ses frontières arctiques « sur la base des avantages compétitifs de la Russie pour la production et le transport de ressources énergétiques ».
Enfin, de 2016 à 2020, Moscou entend compléter son plan et faire de l'Arctique « la base stratégique des ressources naturelles de la Russie ».
Une région des plus convoitées
Le drapeau russe planté au fond de l'océan Arctique par des explorateurs russes en 2007.
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Le gouvernement russe fonde ses ambitions territoriales et économiques dans l'Arctique sur la dorsale de Lomonossov, une chaîne de montagnes sous-marine que la Russie considère comme une extension de son plateau continental.
Or, il n'y a pas que la Russie qui affiche ses prétentions sur cette zone polaire où la fonte des glaces libérera bientôt d'importants accès maritimes, qui permettront non seulement la navigation, mais aussi l'exploitation des ressources naturelles que recèlent ces territoires vierges.
Outre la Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark et la Norvège réclament la souveraineté sur cette région stratégique où Moscou redoute par ailleurs de voir les forces de l'OTAN s'installer.
À l'été 2007, la Russie a d'ailleurs mené une opération spectaculaire en allant planter son drapeau national par 4000 mètres de fonds directement sur le Pôle Nord pour établir ses revendications dans l'Arctique.
La Russie a déjà mené une mission dans l'Arctique pour signifier qu'une