De passage à Montréal, le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, estime que les membres de la Francophonie s'expriment trop souvent en anglais dans les organisations internationales.
Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie
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Bruno Maltais
Le secrétaire général de la Francophonie déplore l'utilisation de l'anglais, par ses propres membres, dans les organisations internationales.
Malgré les engagements des pays membres de la Francophonie à promouvoir la langue française, Abdou Diouf regrette que des représentants choisissent de s'exprimer en anglais « quand rien, ni personne, ne les oblige ».
Lors d'une allocution sur l'avenir de la Francophonie organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal, M. Diouf a rappelé que, malgré l'adoption unanime, en 2006, d'un Vade-mecum sur l'utilisation du français dans les organisations internationales, certains membres de la Francophonie ne respectent pas leurs engagements.
Un nouvel outil de suivi
Plus tôt dans la journée, la Francophonie a créé l'Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone, un nouvel organisme qui colligera et analysera les données sociodémographiques dans les pays de la Francophonie afin de mieux cerner la situation de la langue française.
Établi à l'Université Laval, à Québec, et doté d'un budget de 650 000 $ pour les quatre prochaines années, l'Observatoire sera composé de chercheurs provenant des universités francophones.
« Alors qu'il est demandé à l'OIF et aux opérateurs de la Francophonie d'axer leur gestion sur les résultats et de développer des indicateurs de la performance de leurs actions, il s'avère indispensable de suivre l'évolution de la situation linguistique », a déclaré M. Diouf.
De son côté, le ministre québécois de la Francophonie, Pierre Arcand, a souligné que « la création de cet Observatoire assure un rayonnement international de l'expertise québécoise enmatière de démographie et de linguistique. Cet engagement de notre gouvernement démontre également toute l'importance qu'accorde le Québec à langue française ici et dans le monde ».
Le premier rapport de l'Observatoire sera présenté au prochain sommet de la Francophonie, à l'automne 2010.
Pour des sanctions envers Madagascar
Le prochain Sommet de la Francophonie qui doit se tenir à Madagascar sera-t-il compromis par la crise politique qui secoue actuellement l'île?
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AFP/ALEXANDER JOE
Questionné par l'ancien député péquiste Daniel Turp sur la position de la Francophonie relativement à la crise politique qui secoue actuellement Madagascar, M. Diouf a soutenu que « le pouvoir a changé de main de façon non constitutionnelle et ce manquement doit être sanctionné ».
Le secrétaire général a ajouté que dans l'hypothèse où Madagascar serait suspendu de l'organisation, le pays ne serait évidemment pas en mesure d'être l'hôte du prochain Sommet de la Francophonie, comme il est prévu.
Les décisions de ce type se prennent au Conseil permanent de la Francophonie. Sa prochaine réunion aura lieu le 2 avril.
Une organisation méconnue
Par ailleurs, le député du Parti québécois dans la circonscription de Chambly, Bertrand St-Arnaud, a profité du passage du secrétaire général de la Francophonie pour revenir sur le Sommet de Québec, qui a eu lieu l'automne dernier.
M. St-Arnaud a rappelé que les Québécois n'ont pas été en mesure suivre les travaux qui se sont déroulés derrière des portes closes, faisant valoir qu'il est « difficile pour une population d'appuyer une organisation quand elle ne sait pas, quand elle ne voit pas, concrètement ce que cette organisation fait ».
Selon lui, il serait préférable que les travaux des prochains sommets soient publics et que les délégations soient davantage en communication avec les journalistes.
En guise de réponse, M. Diouf a indiqué que l'organisation a déjà fait faire une étude sur la communication au sein de l'organisation et qu'il veillerait à ce que les actions de la Francophonie soient mieux connues, sans toutefois préciser les modalités envisagées.