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Benoît XVI en rajoute

Mise à jour le vendredi 20 mars 2009 à 16 h 38

Le pape a été accueilli en Angola par le président du pays, Jose Eduardo Dos Santos. Benoît XVI a pressé le pays d'en faire davantage pour combattre la pauvreté.

Photo: AFP/Gianluigi Guercia

Le pape a été accueilli en Angola par le président du pays, Jose Eduardo Dos Santos. Benoît XVI a pressé le pays d'en faire davantage pour combattre la pauvreté.

La première visite africaine du pape Benoît XVI ne sera pas passée inaperçue. Après ses propos controversés sur l'usage du condom, le pape réaffirme maintenant son opposition à l'avortement, y compris lorsque la vie de la mère ou du foetus est menacée.

Dès mardi, dans l'avion qui l'emmenait au Cameroun, le pape déclarait que le préservatif « aggrave le problème du sida », provoquant ainsi une polémique mondiale. Vendredi, lors de son arrivée en Angola, il a abordé un nouveau sujet polémique en réitérant l'opposition de l'Église catholique à l'avortement, y compris l'avortement thérapeutique, c'est-à-dire lorsque la vie de la mère ou du foetus est menacée.

Le pape a affirmé que l'avortement menaçait les fondements mêmes de la société. Sa position était connue, mais c'est la première fois depuis son élection en 2005 que Benoît XVI s'oppose aussi directement à l'avortement thérapeutique.

« Combien est amère l'ironie de ceux qui promeuvent l'avortement au rang des soins de la santé des mamans! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive », a-t-il déclaré.

S'il a condamné les violences sexuelles « indicibles » que subisssent les femmes en Afrique, il a aussi réprimandé les pays africains qui ont approuvé l'avortement dans certaines situations. Benoît XVI se référait au Protocole de Maputo, adopté par l'Union africaine en 2003, qui autorise « l'avortement médicalisé, en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du foetus ».

La déclaration du pape est d'autant plus controversée que l'excommunication récente d'une mère brésilienne qui a fait avorter sa fille de 9 ans violée par son beau-père a provoqué toute une controverse au sein même de l'Église catholique.

Appel à lutter contre la pauvreté et la corruption

Par ailleurs, Benoît XVI a aussi appelé les autorités à s'impliquer davantage pour lutter contre la pauvreté et la corruption.

« Il n'est pas possible d'oublier la multitude d'Angolais qui vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue. Ne décevez pas leurs attentes », a-t-il lancé au président angolais José Eduardo dos Santos. Élargissant son appel au continent, il a appelé l'Afrique à se libérer « du fléau de l'avidité, de la violence et du désordre,[...] et éradiquer une fois pour toutes la corruption ».

Deux tiers des Angolais vivent avec moins de 2 $ par jour, malgré les énormes ressources pétrolières du pays. « Votre terre est prolifique et votre nation puissante. Tirez parti de ces avantages pour oeuvrer à la paix et à la compréhension entre les peuples », a-t-il dit. « À cette fin, je vous le demande, ne vous en remettez pas à la loi du plus fort! Dieu a donné aux hommes la faculté de s'élever au-dessus de leurs tendances naturelles, sur les ailes de la raison et de la foi », a-t-il poursuivi, en faisant allusion aux années de guerre civile qui ont déchiré le pays.

Dans le discours qu'il a prononcé depuis le tarmac de l'aéroport de Luanda, le souverain pontife a rappelé que la principale raison de son voyage en Angola était « d'aller à la rencontre d'une des plus anciennes communautés catholiques de l'Afrique subéquatoriale, pour la confirmer dans la foi en Jésus-Christ ».

L'Angola compte plus de 8 millions de catholiques, soit près de 60 % de la population. C'est dans ce pays que des missionnaires portugais ont baptisé le premier converti du continent, en 1491.

Lors de son séjour en Angola, le pape doit rencontrer les autorités politiques et civiles du pays, le corps diplomatique, ainsi que les évêques de l'Angola et de Sao Tomé. Au moins 500 000 personnes sont attendues dimanche pour la messe en plein air qu'il doit célébrer. On se souviendra que Jean-Paul II, à la suite d'un accord entre les autorités et l'UNITA, s'était rendu en Angola en 1992.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters

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