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AIG remboursera les primes

Mise à jour le mardi 17 mars 2009 à 23 h 59

Les bureaux d'AIG à New York

Photo: AFP/Mario Tama

Les bureaux d'AIG à New York

L'administration Obama obligera l'assureur américain AIG à rembourser l'intégralité des 165 millions de dollars versés en guise de primes à ses employés.

C'est ce qu'a annoncé mardi soir le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner. « Nous imposerons contractuellement à AIG, dans le cadre de ses opérations, de payer au Trésor le montant des primes versées », a-t-il écrit dans une lettre aux dirigeants du Congrès.

M. Geithner a ajouté que les fonds supplémentaires, de l'ordre de 30 milliards de dollars, que l'État devrait verser à AIG seront réduits de 165 millions de dollars.

L'assureur a déjà été renfloué par avec une injection de 180 milliards dans ses caisses.

Pressions

De plus en plus de voix s'élèvent aux États-Unis pour que les hauts dirigeants de la compagnie remettent les primes mirobolantes qu'ils ont reçues.

L'assureur a été sauvé de la faillite grâce aux dizaines de milliards de fonds versés par le Trésor américain et est maintenant contrôlé à 80 % par l'État. Pourtant, ces mêmes dirigeants qui ont acculé la compagnie à la faillite reçoivent des millions de dollars en primes.

Le procureur général de New York, Andrew Cuomo, a déclaré mardi que l'assureur avait créé plus de 73 millionnaires en 2008.

AIG a fabriqué plus de 73 millionnaires dans une filiale qui a perdu tant d'argent qu'elle a mis le groupe à genoux.

— Andrew Cuomo

Il a écrit à la Commission des services financiers de la Chambre des représentants que les principaux bénéficiaires des primes ont reçu plus de 6,4 millions de dollars, et que le total des sommes allouées aux 10 premiers bénéficiaires s'élève à 42 millions de dollars. « Ces versements ont tous été effectués à des employés d'une filiale dont la performance a mené à des pertes vertigineuses et poussé AIG au bord de la faillite », écrit-il.

De son côté, le président Barack Obama a demandé lundi au secrétariat au Trésor d'utiliser tous les moyens légaux pour bloquer le versement des primes.

Le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a lancé mardi un ultimatum à AIG l'exhortant à renégocier les contrats des primes accordées à ses cadres. Si l'entreprise ne se plie pas à cette requête, le président de la Commission des finances, Max Baucus, proposera dans les prochaines 24 heures un texte de loi assujettissant les primes à des pénalités pouvant atteindre plus de 90 %, a prévenu Harry Reid.

L'attitude d'AIG représente tout ce qu'il y a de pire dans Wall Street: la cupidité et peut-être la corruption.

— Harry Reid

M. Reid travaille actuellement avec le président Obama et la Commission bancaire du Sénat sur un projet de loi sur la responsabilisation de Wall Street.

Radio-Canada.ca avec Associated Press et Reuters

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