La stratégie de l'exode
Pour de nombreux Philippins, l'immigration économique est une véritable stratégie de carrière: elle leur permet de trouver l'avenir professionnel qui leur fait défaut aux Philippines.
Environ 9 millions de Philippins, presque 10 % de la population totale du pays, travaillent à l'étranger. Et près de la moitié de ces expatriés sont installés en permanence dans leur nouveau pays d'accueil.
Pour le gouvernement, c'est une aubaine: en 2008, ils ont envoyé plus de 20 milliards de dollars aux Philippines. Mais tous ne partagent pas l'enthousiasme de l'État.
Certains préféreraient que le gouvernement crée des emplois sur place, plutôt que d'encourager l'exportation de la main d'oeuvre philippine. D'autres déplorent le coût social de cet exode et les milliers de familles qu'il laisse sans père ou sans mère.
Le reportage diffusé le 30 mars à Désautels
Profession: recruteur
De nombreux Philippins viennent du sud du pays pour trouver du travail à Manille. En réalité, ils espèrent trouver un billet pour un emploi vers l'étranger.
Certains de leurs concitoyens ont flairé la bonne affaire et se sont improvisés agents recruteurs, même s'ils ne détiennent aucun permis pour exercer cette activité.
Lorsqu'ils servent d'intermédiaires pour des agences de recrutement de Manille, ces recruteurs peuvent toucher 300 $ pour chaque personne embauchée.
Mais comme partout dans le monde, la crise économique sévit aux Philippines. Et cette crise touche particulièrement les travailleurs partis à l'étranger.
Le reportage diffusé le 31 mars à Désautels
Enfants de la rue et exploitation
À Makati, tout près du quartier des affaires de Manille, la Fondation Virlanie sert de refuge à 250 enfants de la rue. Souvent, on a perdu la trace de leurs parents.
Plusieurs de ces enfants ont été recueillis par les services sociaux philippins après les patrouilles menées par les policiers dans certains quartiers de la capitale.
La Fondation Virlanie compte une douzaine de maisons d'hébergement à Manille. Elle propose divers programmes d'aide, en fonction des enfants recueillis et de leur âge.
Le problème des enfants des rues n'est pas l'exclusivité de la capitale. Il se retrouve ailleurs dans le pays, et notamment à Olongapo City, une ville portuaire et touristique de 230 000 habitants.
Le reportage diffusé le 2 avril à Désautels
La microassurance
Les microentreprises et le microcrédit sont des outils efficaces pour le développement économique. Il en existe un autre, moins connu: la microassurance.
Pour une cotisation modique, ce système permet aux microentrepeneurs, ou à leur famille, de disposer d'un petit capital en cas de coup dur.
La mutuelle d'assurance Kasagana-ka est l'un des organismes qui, aux Philippines, offre ce service. Elle a été mise sur pied avec l'appui de Rimansi, un autre organisme établi à Manille.
Rimansi reçoit près de 800 000 $ de fonds canadiens par l'entremise de l'Association canadienne de coopératives. Le financement, qui s'échelonne jusqu'en 2011, ne vise pas que des projets localisés aux Philippines.
Le reportage diffusé le 3 avril à L'heure des comptes
Exploiter les ressources naturelles
Les Philippines misent aussi sur leurs richesses naturelles pour développer leur économie. Le pays regorge de ressources minières, et cherche à les mettre en valeur.
La situation n'a pas échappé aux entreprises étrangères, qui ont placé plusieurs pions dans le pays. C'est notamment le cas d'une petite compagnie minière albertaine, Mindoro Resources Ltd.
La firme, qui en est encore au stade de l'exploration, espère trouver de l'or dans la province de Batangas, sur la côte ouest des Philippines.
Les groupes environnementalistes gardent à l'oeil Mindoro Resources. En mars 2009, l'un d'entre eux a d'ailleurs réclamé un moratoire sur le projet de Batangas.
Mindoro n'est pas la seule à prospecter sous surveillance: c'est aussi le cas de toutes les autres firmes étrangères qui convoitent les ressources naturelles philippines.