13 mars 2009
![]() International Salvador Mauricio Funes au pouvoirMise à jour le lundi 16 mars 2009 à 11 h 29 Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile, il y a 17 ans, les Salvadoriens ont élu un candidat de gauche pour diriger les destinées de leur pays. Il s'agit de Mauricio Funès, un ex-journaliste de 49 ans.
Selon des résultats qui ne sont toujours pas définitifs, Funès, qui dirige le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), est crédité de 51,2 % contre 48,7 % pour le candidat-vedette des conservateurs de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena), Rodrigo Avila. Les données préliminaires du Tribunal électoral suprême (TSE) portent sur 90 % des suffrages exprimés dimanche. Rodrigo Avila, un ancien directeur de la police nationale qui était le candidat du parti au pouvoir, a toutefois déjà concédé la défaite. Dimanche soir, M. Funes avait revendiqué la victoire, qui constitue une première consécration pour la gauche depuis la fin de la guerre civile qui a déchiré le pays, de 1979 à 1992. « Aujourd'hui, c'est la victoire des citoyens qui ont cru en l'espérance et ont vaincu la peur. C'est une victoire de tout le peuple du Salvador », a-t-il déclaré. Selon le président du TSE, l'élection a été transparente et pacifique, et a suscité une participation massive des 4,3 millions d'électeurs. Le taux de participation à la dernière élection présidentielle, le 21 mars 2004, avait été de 67,34 %. Le scrutin a suscité l'attention de la communauté internationale, puisque 4000 observateurs locaux et internationaux se trouvaient sur place. Le Parlement européen a, de son côté, appelé les autorités à diffuser des résultats « fiables ». Les observateurs de l'Union européenne et de l'Organisation des États américains n'ont rapporté aucun incident significatif jusqu'ici. L'actuel président Elias Antonio Saca avait exhorté les électeurs à « défendre l'avenir du pays » et à faire preuve « de tolérance, de compréhension et surtout de respect par rapport au résultat des élections ». M. Saca ne pouvait se représenter, car la Constitution lui interdit deux mandats successifs. Les électeurs n'auront finalement pas été échaudés par la rhétorique des conservateurs, qui ont martelé tout au long de leur campagne qu'une victoire du FMLN équivaudrait à une victoire du président vénézuélien Hugo Chavez et, par conséquent, à une menace de la sécurité nationale au Salvador. Écartant cette rhétorique, Mauricio Funes avait pour sa part soutenu que son parti n'était pas celui de Hugo Chavez et que le Salvador, fort de l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, demeurerait un allié de Washington sans pour autant être un satellite du Venezuela. Funès se dit davantage près du président brésilien Lula da Silva que du président vénézuélien. Malgré sa victoire, M. Funès ne pourra gouverner avec les coudées franches. Il devra nouer des alliances avec les partis minoritaires pour gouverner, puisque le FMLN ne détient pas la majorité absolue au Parlement salvadorien. Rappelons que la guerre civile et ses 75 000 morts, la pauvreté, et une série de catastrophes naturelles - y compris l'ouragan Mitch en 1998 - ont laissé leur empreinte sur l'un des pays les plus violents d'Amérique. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press Fil international en continuMis à jour il y a 38 minutesCorrespondants à l'étranger
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