La lutte s'annonce serrée

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Des partisans du Front Farabundo Marti le 18 janvier 2008 Des partisans du Front Farabundo Marti   © AFP/Jose Cabezas

La gauche salvadorienne n'a jamais été en si bonne position pour accéder au pouvoir depuis la fin de la guerre civile qui a déchiré le pays, de 1979 à 1992.

Le candidat vedette des ex-guérilléros du FMLN est en bonne position pour ravir la présidence du pays aux conservateurs de la droite lors des présidentielles de dimanche.

Le candidat du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), Mauricio Funès, serait en effet en bonne position pour remporter les élections présidentielles qui se tiendront dimanche dans ce petit pays d'Amérique centrale.

Mauricio Funes, un ex-journaliste de la télévision salvadorienne qui dirige aujourd'hui l'ancien mouvement de guérilla du FMLN, devenu un parti politique de gauche, a remporté en janvier dernier la victoire aux élections municipales.

Fort de cette victoire dans les villes, Mauricio Funes, 49 ans, entend déloger les conservateurs de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena) qui occupent la présidence du pays depuis maintenant deux décennies.

Le président sortant Elias Antonio Saca ne pouvant solliciter un deuxième mandat consécutif en vertu des lois du pays, Mauricio Funes se mesurera à l'ancien directeur de la Police nationale, Rodrigo Avila, un ingénieur de 44 ans, candidat vedette du parti Arena.

La partie n'est toutefois pas gagnée d'avance pour Mauricio Funes car, bien que le candidat du FMLN ait dominé les sondages pendant la campagne électorale, les derniers coups de sondes plaçaient Mauriocio Funes et Rodrigo Avila pratiquement à égalité dans les intentions de vote.

Qui plus est, peu importe qui remportera la victoire aux présidentielles de dimanche, il devra nouer des alliances avec les partis minoritaires pour gouverner puisque ni le FMLN, ni l'Alliance républicaine nationaliste ne détient la majorité absolue au Parlement salvadorien.

Les États-Unis, qui ont largement pris parti dans la politique du Salvador dans les années 80 et 90, hantent encore aujourd'hui la politique du pays. En effet, les conservateurs, qui jouissent d'un appui historique de Washington, ont martelé tout au long de leur campagne qu'une victoire du FMLN équivaudrait à une victoire du président vénézuélien Hugo Chavez et, par conséquent, à une menace de la sécurité nationale au Salvador.

Écartant cette rhétorique, Mauricio Funes a pour sa part soutenu que son parti n'était pas celui de Hugo Chavez et que le Salvador, fort de l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, demeurerait un allié de Washington sans pour autant être un satellite du Venezuela.

Plus de 4,3 millions d'électeurs salvadoriens sont attendus aux urnes dimanche.

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