Le vice-président américain Joe Biden est à Bruxelles, mardi, pour participer à une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord qui pourrait s'avérer cruciale pour l'avenir de l'Afghanistan. « La raison de ma présence est simple et sans détour: je suis ici pour consulter et écouter afin de parvenir à une stratégie commune », a déclaré M. Biden aux ambassadeurs des 26 pays membres de l'OTAN.
Le vice-président américain consulte les alliés de l'OTAN afin de parvenir à une nouvelle « stratégie commune ». Négocier avec les talibans dits modérés « vaut la peine d'être essayé », dit-il.
Joe Biden en conférence de presse au siège social de l'OTAN.
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AFP/John Thys
« Ce que nous voulons savoir, c'est ce que vos pays pensent à propos de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Comment nous pouvons faire un meilleur travail en empêchant l'Afghanistan et le Pakistan d'être des sanctuaires pour terroristes », a-t-il déclaré.
La présence de M. Biden au siège social de l'alliance militaire survient à moins d'un mois de la rencontre des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN, lors de laquelle le président américain Barack Obama devrait dévoiler la nouvelle stratégie que son administration entend adopter en Afghanistan. Cette stratégie fait l'objet d'une révision aux États-Unis.
Le vice-président Biden a d'ailleurs repris plusieurs propos tenus par le président lors d'une entrevue accordée au New York Times en fin de semaine. Lorsqu'on lui a demandé si les États-Unis étaient en train de gagner la guerre en Afghanistan, Barack Obama a répondu « non » sans détour. Il disait considérer la possibilité de travailler en partenariat avec des talibans dits modérés.
Dans son discours aux ambassadeurs, le vice-président Biden s'est montré un peu plus optimiste que son patron. Il a précisé que si la guerre n'est pas en train d'être gagnée, elle est « loin d'être perdue ». Tendre la main aux talibans, a-t-il soutenu, « vaut la peine d'être essayé ».
Le vice-président Biden a aussi prévenu qu'une fois que cette stratégie commune aura été élaborée en collaboration avec les alliés, « les États-Unis attendent de chacun d'eux qu'ils honorent leurs engagements. C'est aussi simple et direct que cela ».
Plus de sept ans après le début de la guerre en Afghanistan, les talibans contrôlent toujours de larges portions du sud du pays, où sont déployées des troupes américaines, britanniques, néerlandaises et canadiennes. L'administration Obama a récemment annoncé qu'elle envoyait 17 000 soldats de plus dans le pays, en prévision des élections qui doivent avoir lieu au mois d'août.