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Hillary Clinton veut changer de ton

Mise à jour le vendredi 6 mars 2009 à 11 h 25

Hillary Clinton, en conférence de presse, à Bruxelles

Photo: AFP/Dominique Faget

Hillary Clinton, en conférence de presse, à Bruxelles

À quelques heures d'une rencontre attendue avec son homologue russe, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton s'est livrée à une opération de relations publiques destinée à replacer les relations entre les deux plus grandes puissances militaires du monde sous le signe du dialogue et de la coopération.

Après avoir rencontré des responsables de l'Union européenne, jeudi, à Bruxelles, la diplomate en chef des États-Unis doit rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, vendredi, à Genève.

Dans des entrevues accordées à la chaîne américaine National Public Radio et à la chaîne britannique BBC, Mme Clinton a insisté sur le fait que les États-Unis veulent « appuyer sur le bouton de réinitialisation » en ce qui concerne leurs liens avec la Russie.

Au cours des derniers mois, l'entente sur le déploiement d'éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, l'occupation russe de l'Ossétie du Sud, en Georgie, et le différend sur une expansion potentielle de l'OTAN vers l'Ukraine et la Georgie ont contribué à crisper les relations entre Washington et Moscou.

« La précédente administration [du président George W. Bush] avait une approche conflictuelle envers la Russie. Se demander à quel point cette approche a contribué au comportement russe est, je crois, une question légitime à poser », a déclaré la secrétaire d'État américaine sur les ondes de la télévision publique britannique.

Mme Clinton a admis que, dans certains dossiers, les États-Unis divergent toujours d'opinion avec les Russes et qu'ils ne changeront pas d'avis. « Nous ne reconnaîtrons pas les régions qui ont fait sécession de la Géorgie, nous ne reconnaissons aucune sphère d'influence russe ni qu'ils ont une sorte de veto sur l'expansion de l'Union européenne et de l'OTAN », a-t-elle déclaré à la BBC.

Mais au lendemain de l'annonce de la reprise du dialogue entre l'OTAN et la Russie, Mme Clinton a réitéré que les deux pays ont une multitude d'intérêts communs, dont la lutte contre le terrorisme et le contrôle des armements et la prolifération. « Nous allons croire au contrôle des armements et à la non-prolifération. [...] Nous travaillerons avec les Russes concernant le traité Start, le traité de non-prolifération et d'autres dossiers », a-t-elle dit lors de l'entrevue accordée à NPR.

Au sujet du bouclier antimissile, Mme Clinton a répété que le projet visait à contrer la menace de missiles iraniens et qu'elle aimerait que la Russie se joigne aux États-Unis pour « tenter de créer une dissuasion du 21e siècle [...] face à la menace que représentent les missiles de grande longue portée. »

Dans d'autres dossiers, a fait valoir la secrétaire d'État américaine, les deux pays doivent encore « mieux se comprendre et tenter d'éliminer les points de friction ». Elle a spécifiquement mentionné des débats en cours sur la sécurité énergétique et les changements climatiques.

Mme Clinton affirme que l'administration Obama entend consulter et écouter afin de maximiser les chances de parvenir à des accords répondant à des intérêts mutuels, mais qu'elle ne s'attend pas pour autant à ce que tous les acteurs de la communauté internationale soient d'accord avec Washington.

« La politique étrangère, ce n'est pas être gentil et espérer que les gens soient d'accord avec nous. C'est parvenir à des causes communes, présenter des arguments, prendre note de ceux de nos amis et de nos ennemis et essayer de trouver un terrain d'entente. Je pense que vous allez nous voir faire cela de plus en plus », indique-t-elle.

Radio-Canada.ca avec BBC et NPR

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