Le président américain Barack Obama a confirmé, vendredi, que la mission de combat des troupes américaines en Irak se terminera le 31 août 2010, soit environ sept ans et demi après son commencement.
Le commandant en chef de l'armée américaine, le président Barack Obama, annonce que la mission de combat des troupes américaines prendra fin le 31 août 2010. De 35 000 à 50 000 soldats resteront sur place jusqu'au 1er janvier 2012.
Un soldat de retour d'Irak après une mission de 15 mois
Photo : AFP/John Moore
Lors d'une conférence de presse donnée depuis Camp Lejeune, en Caroline du Nord, le commandant en chef des troupes américaines a annoncé qu'à cette date, il ne restera plus qu'entre 35 000 et 50 000 soldats américains en Irak. Au moins 92 000 des 142 000 soldats déployés par le président Bush en sol irakien auront donc été rapatriés.
Ces troupes, a-t-il précisé, seront chargées de poursuivre la formation et l'entraînement de l'armée irakienne, de soutenir les forces de sécurité irakiennes dans des missions de contre-terrorisme et de protéger le travail de reconstruction effectué par des civils.
Ces dernières brigades seront rapatriées aux États-Unis avant le 1er janvier 2012, comme le prévoit l'entente sur le statut des forces américaines conclu l'an dernier entre Washington et Bagdad. Cet accord doit être soumis à un référendum en Irak cet été.
Le président Obama a pris du temps pour remercier les soldats et leurs familles pour leur sacrifice. Il s'est aussi adressé directement au peuple irakien, notamment pour lui dire que les États-Unis ne convoitaient ni leur territoire, ni leurs ressources. Il a prévenu que la violence n'allait pas instantanément disparaître de leur vie quotidienne.
La Maison-Blanche a par ailleurs fait savoir que le président Obama a appelé le premier ministre irakien Nouri al-Maliki et l'ex-président George W. Bush pour l'informer de sa décision. Il a aussi annoncé la nomination de Christopher Hill à titre de nouvel ambassadeur en Irak.
Au cours de la campagne électorale, le président Obama avait promis de faire de la guerre en Afghanistan sa priorité et de retirer les troupes américaines d'Irak dans les 16 mois suivant son assermentation. Au terme de la révision de la stratégie américaine en Irak qu'il a ordonnée au lendemain de son assermentation, il a finalement prolongé cet échéancier de trois mois.
Selon diverses sources, les experts mandatés par le président pour étudier la question lui ont présenté des calendriers de retrait des troupes s'étendant sur 16, 19 et 23 mois. Cette dernière option aurait été le choix des généraux David Petraeus, qui dirige le commandement unifié CENTCOM, et Ray Odierno, qui commande les troupes américaines en Irak.
Un représentant républicain mis au parfum du plan lors d'une réunion convoquée jeudi par la Maison-Blanche, John McHugh, a précisé aux médias que le retrait des troupes doit bel et bien être planifié, mais qu'il est néanmoins inquiet de la décision du président, en raison de la fragilité de la situation en Irak. Barack Obama, a-t-il dit, lui aurait toutefois assuré « que son plan serait révisé si la situation sur le terrain se détériore et que la violence augmente ».
Le fait que jusqu'à 50 000 soldats demeurent déployés en Irak au-delà d'août 2010 suscite de la grogne au sein du Parti démocrate. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, trouve que ce nombre est trop élevé. Des ténors démocrates au Sénat sont aussi de cet avis, dont le chef de la majorité Harry Reid, le sénateur de New York Charles Schummer et son collègue du Wiscounsin Russ Feingold.
Plus de 4200 soldats américains ont perdu la vie en Irak, depuis que le président Bush et ses alliés, britanniques notamment, ont décidé d'attaquer le pays en mars 2003.