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International Irak

Départ partiel des troupes américaines

Mise à jour le vendredi 27 février 2009 à 20 h 51

Le président américain Barack Obama a confirmé, vendredi, que la mission de combat des troupes américaines en Irak se terminera le 31 août 2010, soit environ sept ans et demi après son commencement.

Un soldat de retour d'Irak après une mission de 15 mois

Photo: AFP/John Moore

Un soldat de retour d'Irak après une mission de 15 mois

Lors d'une conférence de presse donnée depuis Camp Lejeune, en Caroline du Nord, le commandant en chef des troupes américaines a annoncé qu'à cette date, il ne restera plus qu'entre 35 000 et 50 000 soldats américains en Irak. Au moins 92 000 des 142 000 soldats déployés par le président Bush en sol irakien auront donc été rapatriés.

Ces troupes, a-t-il précisé, seront chargées de poursuivre la formation et l'entraînement de l'armée irakienne, de soutenir les forces de sécurité irakiennes dans des missions de contre-terrorisme et de protéger le travail de reconstruction effectué par des civils.

Ces dernières brigades seront rapatriées aux États-Unis avant le 1er janvier 2012, comme le prévoit l'entente sur le statut des forces américaines conclu l'an dernier entre Washington et Bagdad. Cet accord doit être soumis à un référendum en Irak cet été.

Nous ne pouvons débarrasser l'Irak de tous ceux qui s'opposent aux États-Unis ou qui sympathisent avec nos adversaires. Nous ne pouvons policer les rues de l'Irak jusqu'à ce qu'elles soient complètement sécuritaires ni jusqu'à ce que l'union irakienne soit parfaite. Nous ne pouvons soutenir indéfiniment un engagement qui a constitué un fardeau pour notre armée et qui coûtera aux Américains près de 1000 milliards de dollars.

— Barack Obama

Le président Obama a pris du temps pour remercier les soldats et leurs familles pour leur sacrifice. Il s'est aussi adressé directement au peuple irakien, notamment pour lui dire que les États-Unis ne convoitaient ni leur territoire, ni leurs ressources. Il a prévenu que la violence n'allait pas instantanément disparaître de leur vie quotidienne.

La Maison-Blanche a par ailleurs fait savoir que le président Obama a appelé le premier ministre irakien Nouri al-Maliki et l'ex-président George W. Bush pour l'informer de sa décision. Il a aussi annoncé la nomination de Christopher Hill à titre de nouvel ambassadeur en Irak.

Au cours de la campagne électorale, le président Obama avait promis de faire de la guerre en Afghanistan sa priorité et de retirer les troupes américaines d'Irak dans les 16 mois suivant son assermentation. Au terme de la révision de la stratégie américaine en Irak qu'il a ordonnée au lendemain de son assermentation, il a finalement prolongé cet échéancier de trois mois.

Selon diverses sources, les experts mandatés par le président pour étudier la question lui ont présenté des calendriers de retrait des troupes s'étendant sur 16, 19 et 23 mois. Cette dernière option aurait été le choix des généraux David Petraeus, qui dirige le commandement unifié CENTCOM, et Ray Odierno, qui commande les troupes américaines en Irak.

Un représentant républicain mis au parfum du plan lors d'une réunion convoquée jeudi par la Maison-Blanche, John McHugh, a précisé aux médias que le retrait des troupes doit bel et bien être planifié, mais qu'il est néanmoins inquiet de la décision du président, en raison de la fragilité de la situation en Irak. Barack Obama, a-t-il dit, lui aurait toutefois assuré « que son plan serait révisé si la situation sur le terrain se détériore et que la violence augmente ».

Le fait que jusqu'à 50 000 soldats demeurent déployés en Irak au-delà d'août 2010 suscite de la grogne au sein du Parti démocrate. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, trouve que ce nombre est trop élevé. Des ténors démocrates au Sénat sont aussi de cet avis, dont le chef de la majorité Harry Reid, le sénateur de New York Charles Schummer et son collègue du Wiscounsin Russ Feingold.

Plus de 4200 soldats américains ont perdu la vie en Irak, depuis que le président Bush et ses alliés, britanniques notamment, ont décidé d'attaquer le pays en mars 2003.

Les principaux points de l'accord américano-irakien (traduits du texte original en arabe)

  • « Toutes les forces américaines devront avoir quitté le territoire irakien le 31 décembre 2011 au plus tard. » (Article 24-1)
  • « Toutes les forces de combat américaines devront se retirer des villes, villages et localités d'Irak [...] au plus tard le 30 juin 2009. » (Article 24-2)
  • « Le territoire irakien ainsi que son espace aérien et ses eaux ne pourront être utilisés comme point de départ ou de passage pour des attaques contre d'autres pays [...]. En cas de menace ou d'agression interne ou externe envers l'Irak [...] les États-Unis prendront toutes les mesures diplomatiques, économiques ou militaires nécessaires pour y faire échec. » (Article 27)
  • « Toutes les opérations militaires (des forces américaines en Irak) devront être entreprises en pleine coordination avec les autorités irakiennes. » (Article 4-2)
  • « L'Irak n'aura le droit de poursuivre [en justice] des membres des forces armées américaines, militaires et civils [...] que lorsque les crimes seront commis en dehors de leurs bases et en dehors de leur service. Les États-Unis auront autorité sur les membres des forces armées, militaires et civils, à l'intérieur des bases. » (Article 12)
  • « Les forces américaines n'auront pas le droit d'arrêter ou de détenir quiconque [...] sauf en application d'une décision irakienne. Dans pareil cas, les personnes arrêtées devront être remises aux autorités irakiennes compétentes dans les 24 heures suivant leur arrestation. » (Article 22-1 et 22-2)
  • « Les autorités irakiennes auront le droit de demander aux forces américaines d'ouvrir en leur présence les conteneurs » dans lesquels l'armée américaine importe ou exporte des équipements « afin d'en vérifier le contenu ». (Article 15)
  • « Les autorités irakiennes auront le droit de vérifier les listes de noms des membres des forces armées des États-Unis, civils ou militaires, entrant en Irak et quittant l'Irak. » (Article 14-2) Note: Ceux-ci seront autorisés à entrer en Irak et à sortir d'Irak sans autre pièce d'identité que les laissez-passer délivrés par l'armée américaine.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Reuters et Washington Post

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