La mission du dalaï-lama



De son exil, le dalaï-lama fait appel aux Nations unies pour dénoncer l'occupation militaire de son pays par la Chine ainsi que les nombreuses violations des droits de la personne par les militaires chinois à l'endroit des civils tibétains. En tout, trois résolutions seront adoptées aux Nations unies (en 1959,1961 et 1965), qui demandent à la Chine de veiller au respect des droits de la personne au Tibet et de respecter les aspirations indépendantistes des Tibétains.

En 1963, soucieux de donner à un futur Tibet libéré des assises modernes et démocratiques, le dalaï-lama promulgue une constitution démocratique inspirée des principes bouddhistes et de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Aujourd'hui, les membres du Parlement tibétain en exil sont tous élus au suffrage universel direct, et ce Parlement élit ensuite les membres du gouvernement. Le dalaï-lama s'est même engagé à n'occuper aucune fonction politique si le Tibet devait un jour retrouver son indépendance.

Depuis, le dalaï-lama n'a jamais cessé de travailler à l'élaboration d'un plan de paix et d'un dialogue avec le gouvernement chinois sur la désignation du Tibet comme un espace de paix. Même s'il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, ses efforts auprès de la Chine ont été infructueux. Depuis 2001, le dalaï-lama nie être indépendantiste. Il affirme plutôt que le développement du Tibet peut se faire en partenariat avec la Chine.

Le dalaï-lama Le dalaï-lama lors d'une conférence sur la compassion à l'Université de Washington, à Seattle.   © AFP/Stephen Brashear
« La responsabilité universelle, c'est la capacité de ressentir la souffrance des autres de la même façon que la nôtre. C'est de découvrir que même nos ennemis sont motivés par la quête du bonheur. Nous devons reconnaître que tous les humains veulent la même chose que nous. C'est ainsi que nous en viendrons à nous comprendre vraiment, libres de toutes considérations artificielles. » — Le dalaï-lama

Depuis 1967, le dalaï-lama a porté son message de paix et a défendu la cause du Tibet dans de nombreux pays. La Chine s'est toujours opposée à ce qu'il rencontre des chefs d'État à l'étranger.

Le dalaï-lama est venu au Canada cinq fois, soit en 1980, 1989, 1993, 2004 et 2007.

En 1990, le premier ministre Brian Mulroney avait refusé de rencontrer le dalaï-lama, et, en 2002, le premier ministre Jean Chrétien n'avait pas répondu à sa demande de le rencontrer.

En 2004, le dalaï-lama avait rencontré le premier ministre Paul Martin dans un cadre non officiel. Leurs discussions devaient porter sur la spiritualité, mais ils ont également discuté de la question des droits de la personne au Tibet et de l'état du monde.

En juin 2006, la Chambre des communes du Canada accorde à l'unanimité le titre de citoyen honoraire au dalaï-lama.

En octobre 2007, le dalaï-lama entreprend une tournée nord-américaine. Aux États-Unis, le président George W. Bush lui décerne la médaille d'or du Congrès. Le lundi 29 octobre, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, reçoit officiellement le dalaï-lama pour un entretien de 40 minutes. La Chine réagit en qualifiant la rencontre de « conduite dégoûtante ». C'est la première fois qu'un chef de gouvernement canadien rencontre le chef spirituel des Tibétains dans un cadre officiel.

Le dalaï-lama en compagnie du premier ministre Harper. Le dalaï-lama en compagnie du premier ministre Harper.   © PC/Tom Hanson

Le dalaï-lama a rencontré de nombreux dirigeants politiques et spirituels, certains à plusieurs reprises. Parmi eux, les présidents des États-Unis George W. Bush et Bill Clinton, les papes Paul VI et Jean-Paul II, et l'archevêque de Canterbury, Robert Runcie.

Il a aussi participé à de nombreuses cérémonies oecuméniques.

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