Le Hamas, un acteur incontournable

  |  Radio-Canada avec Reuters
Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal (archives)   © AFP/MAHMUD TURKIA

Dans une lettre parue jeudi dans le Times de Londres, une dizaine d'anciens ministres des Affaires étrangères et de négociateurs expérimentés pressent Israël et les États-Unis de changer d'attitude à l'égard du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Dans une lettre publiée dans le Times de Londres, d'anciens ministres des Affaires étrangères et négociateurs jugent qu'Israël et les États-Unis doivent accepter de négocier avec le mouvement palestinien s'ils veulent conclure un accord de paix.

Selon eux, la politique isolationniste adoptée à l'endroit du mouvement islamiste palestinien n'a pas porté ses fruits et il est maintenant temps de changer de stratégie. « Un accord israélo-palestinien sans le Hamas est impossible », concluent-ils.

Les signataires soutiennent que l'offensive menée par Israël dans la bande de Gaza de décembre à janvier « démontre que la politique d'isolement du Hamas ne peut pas apporter la stabilité ». « Il ne peut y avoir de processus de paix significatif si l'on négocie avec une partie des Palestiniens et tente d'en détruire une autre partie », ajoutent-ils.

« Comme le disait le général et homme d'État israélien Moshe Dayan: Si vous voulez faire la paix, vous ne parlez pas à vos amis. Vous parlez à vos ennemis. » — Extrait de la lettre

Les signataires concluent que le Hamas ne disparaîtra pas. Le soutien dont le mouvement bénéficie depuis son élection en 2006 ne s'est d'ailleurs pas érodé, notent-ils, malgré le blocus israélien de la bande de Gaza et l'offensive militaire. Il convient donc de trouver une nouvelle stratégie.

Ils soutiennent que le cadre de négociation adopté par le Quartette pour la paix au Proche-Orient, que dirige l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, est impraticable. Ils estiment que le Hamas doit absolument cesser toute violence avant d'être inclus dans le processus. Cette étape ouvrira la voie à une réconciliation avec le Fatah, confiné pour l'heure à la Cisjordanie, et à des négociations sérieuses avec Israël.

Pour les signataires, offrir une place au Hamas à la table de négociations ne reviendrait pas à fermer les yeux sur le terrorisme. « L'isolation ne fait qu'encourager les tenants de la ligne dure et leur politique d'intransigeance. L'engagement peut renforcer les éléments pragmatiques et leur capacité à trouver le difficile compromis nécessaire à la paix », écrivent-ils.

« Nous devons reconnaître que parler avec le Hamas ne revient pas à encourager le terrorisme ou les attaques contre les civils. En fait, c'est une condition préalable à la sécurité et à la conclusion d'un accord. » — Extrait de la lettre

Cette lettre est publiée au moment où George Mitchell, émissaire américain pour le Proche-Orient, et le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et la sécurité, Javier Solana, doivent entamer une nouvelle tournée dans la région sous peu.

Ces propos surviennent également alors que le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a estimé mercredi qu'entamer un dialogue avec le Hamas était « la bonne chose à faire ». Il a cependant ajouté que d'autres pays, comme l'Égypte, étaient mieux placés pour le faire.

Pour sa part, Israël somme le Hamas de reconnaître son droit à l'existence ainsi que les accords de paix déjà signés avant d'entamer tout dialogue avec lui.

Parmi les signataires de la lettre, on retrouve notamment Shlomo Ben-Ami, ancien ministre israélien des Affaires étrangères, Paddy Ashdon, ancien émissaire britannique en Bosnie, Alvaro de Soto, ancien envoyé de l'ONU au Proche-Orient, Gareth Evans, ancien ministre australien des Affaires étrangères chargé des négociations de paix au Cambodge, et Michael Ancram, qui a participé aux accords de paix en Irlande du Nord.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.

Correspondants
à l’étranger

  • Michel C. Auger
    Michel C. Auger

    Vidéo -  Obama apaise la controverse

  • Jean-François Bélanger
    Jean-François Bélanger

    Airs de contestation

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Syrie : nouvelle initiative de la Ligue arabe

Tous les correspondants

Facebook