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Journaliste:François Messier
Mise à jour le jeudi 30 avril 2009 à 15 h 15
Les débuts d'un nouveau président
Le 29 avril 2009, tous les grands médias des États-Unis et d'ailleurs dans le monde se livrent à un même exercice: évaluer les 100 premiers jours de la présidence de Barack Obama. Ce jalon, qui trouve ses racines dans l'histoire américaine, demeure toutefois parfaitement arbitraire. S'y limiter équivaudrait à se prononcer sur l'issue d'un marathon en se fiant aux trois premiers kilomètres de la course.
À défaut de pouvoir en tirer de grandes conclusions, cette période, effectivement cruciale pour l'avenir d'un mandat de quatre ans, offre néanmoins une réelle fenêtre par laquelle on peut entrevoir ce que préconise le nouveau président, ce qu'il veut accomplir et comment il compte y parvenir. À ce sujet, les 100 premiers jours de Barack Obama à la Maison-Blanche sont riches en enseignements de toutes sortes.
Un écho à la présidence de FDR
L'intérêt porté aux 100 premiers jours d'une nouvelle administration aux États-Unis date de la présidence de Franklin Delano Roosevelt. Du 9 mars au 16 juin 1933, lorsque le pays était plongé dans la Grande Dépression, le président Roosevelt a modifié en profondeur la société américaine avec une série de programmes destinés à aider les Américains en difficulté et à relancer l'économie, que l'on a baptisée le New Deal.
Depuis, tous les présidents américains ont dû affronter cette comparaison, effectuée par les médias, avec l'aide d'innombrables experts. Le fait que Barack Obama ait pris ses fonctions au moment où les États-Unis sont plongés dans la plus grave crise économique depuis la Grande Dépression ne fait qu'augmenter l'intérêt de l'exercice.
Une fois passé l'émoi d'avoir assisté à l'assermentation d'un premier président à la peau noire dans un pays au passé esclavagiste, une réalité indéniable s'impose: le président Obama a pris les rênes de la première puissance économique et militaire du monde au moment où elle vacille. L'économie américaine connaît ses heures les plus sombres depuis la Grande Dépression, et le pays livre deux guerres, l'une en Irak, qu'il n'a jamais appuyée, l'autre en Afghanistan, que les États-Unis ne sont pas en train de gagner, de l'avis même du président.
Ces deux aspects auront certes dominé les trois premiers mois de Barack Obama au pouvoir, mais ils n'auront pas été les seuls. Le président n'a jamais caché qu'il propose un programme ambitieux, où la relance économique passe, entre autres, par des projets concernant la santé, l'éducation, l'énergie et l'environnement.
Dix des principales réalisations du président Obama
1 - Adoption d'un plan de relance de l'économie de 787 milliards de dollars, qui comprend une partie de la baisse d'impôt préconisée par Barack Obama lors de la présidentielle;
2 - Nouveau plan de sauvetage du système financier, comprenant un plan de rachat des actifs contaminés des banques, le plafonnement du salaire des patrons de firmes recevant une aide publique et une aide aux propriétaires de maison en difficulté;
3 - Poursuite de l'intervention de l'État dans l'économie: versement d'une aide supplémentaire à l'assureur AIG, nationalisation partielle de Citigroup, rejet des plans de restructuration de GM et Chrysler;
4 - Dépôt d'un plan budgétaire prévoyant un déficit de 1752 milliards de dollars pour l'année 2009, assorti d'une promesse visant à ramener le déficit à 533 milliards de dollars en 2013;
5 - Fin de la mission de combat en Irak le 30 août 2010, avec maintien de de 35 000 à 50 000 soldats américains jusqu'à la date butoir pour leur retrait définitif, le 31 décembre 2011;
6 - Déploiement de 17 000 soldats de plus pour la guerre en Afghanistan et dévoilement d'une nouvelle stratégie visant l'éradication d'Al-Qaïda. Ce plan prend en compte la situation au Pakistan voisin;
7 - Fermeture de la prison de Guantanamo Bay, réexamen des cas de tous les détenus et fin des prisons secrètes de la CIA à l'étranger, retour à des méthodes d'interrogations interdisant le recours à la coercition;
8 - Publication de documents secrets illustrant les dessous de la décision de l'administration Bush d'autoriser des formes de torture sur de présumés terroristes; refus d'éliminer la possibilité que des poursuites soient entreprises dans ce dossier;
9 - Établissement d'une politique du dialogue avec des pays considérés comme ennemis par l'administration Bush (Iran, Syrie, Cuba, Venezuela), ainsi qu'avec les alliés, notamment au sein de l'OTAN et du G-20;
10 - Adoption de deux décrets présidentiels renversant des politiques du président Bush: l'un rétablissant le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, l'autre levant l'interdiction de verser des fonds publics aux organisations qui pratiquent ou facilitent l'avortement à l'étranger.
Même si certaines mesures sont déjà en place, leur résultat concret ne sera pas connu avant un certain temps. C'est notamment le cas de tous les plans visant à redresser l'économie américaine, du virage imprimé dans les guerres en Irak et en Afghanistan et de la politique de la main tendue à l'égard de pays ouvertement en conflit avec Washington.
Qui plus est, certains projets avancés par Barack Obama, dont la réforme du système de santé et celui d'instaurer un système d'échanges de crédits d'émissions polluantes, demeurent à l'étape embryonnaire et promettent des débats acrimonieux au Congrès.
Le verdict final sera celui que prononceront les Américains lors de la prochaine présidentielle, le 6 avril 2012.

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