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Peine et colère

Mise à jour le mardi 24 février 2009 à 9 h 46

Des gens attendent le cortège funèbre de Jacques Bino.

Photo: AFP/Lionel Bonaventure

Des gens attendent le cortège funèbre de Jacques Bino.

Plus de 10 000 personnes ont rendu un dernier hommage au syndicaliste Jacques Bino, tué mardi dernier en marge des manifestations contre le coût élevé de la vie sur l'île française.

La cérémonie avait une valeur hautement symbolique, puisque Jacques Bino est considéré comme un héros national en Guadeloupe.

D'ailleurs, lors de la cérémonie, Elie Domota, chef du collectif contre l'exploitation et la vie chère (LKP), a demandé aux gens que la mort de Bino ne soit pas vaine. « C'est le moment pour la peine, mais aussi pour la colère. Il est toujours temps de nous mobiliser. Nous devons continuer de faire pression pour de meilleurs salaires et une meilleure qualité de vie », a-t-il dit.

Le LKP a accepté de reprendre les négociations, toutefois sans mettre un terme à la grève générale qui dure depuis le 20 janvier.

Les discussions, suspendues depuis vendredi, doivent être relancées lundi à Pointe-à-Pitre.

Elie Domota du LKP et Laurence Parisot, présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), un regroupement de patrons, ne sont toutefois pas très optimistes quant à la possibilité d'un accord.

Les négociations achoppent toujours sur l'augmentation des bas salaires. Les chefs d'entreprises proposent environ 70 euros, tandis que le LKP en réclame 200.

Le président français Nicolas Sarkozy a récemment annoncé un plan de redressement de 800 millions de dollars pour les régions outre-mer. Cependant, ce plan a été accueilli plutôt froidement par le LKP. « Nous demandions une augmentation de salaire de 200 euros et voilà qu'on nous offre une prestation sociale supplémentaire. L'État ne doit pas acheter la paix sociale par le biais d'une allocation », prévient le chef Elie Domota.

D'autres actes de violence ne sont pas à exclure dans les prochains jours, estime l'envoyé spécial de Radio-Canada en Guadeloupe, Frank Desoer.

Radio-Canada.ca avec Reuters et Agence France Presse

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