La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et son homologue chinois Yang Jiechi.
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AFP/Greg Baker
La crise économique, mais aussi la lutte aux changements climatiques, passera avant les violations des droits de la personne. C'est essentiellement le message qui transpire du passage en Chine de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, dernière étape d'une tournée asiatique de la chef de la diplomatie de l'administration Obama.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton termine sa tournée asiatique en Chine, où elle a décidé de mettre en sourdine les violations des droits de la personne.
Hillary Clinton a rencontré le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, mais s'est avant tout longtemps entretenue avec son homologue chinois, Yang Jiechi.
M. Yang est sorti satisfait de l'entretien avec Mme Clinton, soulignant qu'ils avaient tous deux convenu de « rejeter le protectionnisme dans le commerce et les investissements. Pékin avait en effet exprimé des craintes dans les dernières semaines en raison des mesures protectionnistes contenues dans le plan de relance du président américain.
En retour, le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi a indiqué qu'il maintenait sa confiance dans les bons du Trésor américain, malgré la crise financière et économique qui secoue les États-Unis.
Il faut savoir que la Chine est le plus grand créancier des États-Unis et que l'économie de la Chine, qui connaît des ratés dans le contexte de la crise mondiale, repose énormément sur ses exportations aux États-Unis.
« Tous les pays devraient traverser la rivière de manière pacifique, car ils sont tous dans le même bateau », a indiqué M. Wen au moment de recevoir la secrétaire d'État, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle.
Mme Clinton et M. Yang ont indiqué avoir, dans cette perspective, commencé à préparer la réunion du G20 qui doit se tenir à Londres en avril prochain afin de trouver une réponse à la crise économique mondiale.
L'environnement avant les droits de la personne
La secrétaire d'État américaine et le ministre des Affaires étrangères chinoises ont aussi abordé la question de la lutte contre les changements climatiques.
Les représentants des États-Unis et de la Chine, les deux plus gros pollueurs de la planète, ont convenu avoir un « intérêt commun » à obtenir un nouvel accord mondial sur la réduction des gaz à effet de serre, en décembre, à Copenhague.
La relance des discussions à six avec la Corée du Nord en vue d'en arriver à la mise au rancart de son programme nucléaire a aussi fait partie des sujets abordés lors de la rencontre. La question des droits de la personne, notamment la situation au Tibet sous occupation chinoise, a été évoquée pour la forme avec son homologue.
Mme Clinton avait donné le ton vendredi, à son arrivée en Chine, en déclarant qu'elle ne voulait pas que la question des violations des droits de la personne occulte d'autres sujets, comme la crise économique et les changements climatiques.
Dans le même temps, des défenseurs des droits de la personne en Chine affirment subir le harcèlement de la police depuis le début de la visite de la secrétaire d'État américaine.
La dissidente Zeng Jinyan, Prix Sakharov 2008 pour la liberté de pensée du Parlement européen, soutient qu'elle est en résidence surveillée.
L'organisation Chinese Human Rights Defenders relève plusieurs autres cas d'intimidation de dissidents, dont certains ont signé une charte qui lance un appel à des réformes démocratiques en Chine.