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International Afghanistan

Obama croit à la diplomatie

Mise à jour le mardi 17 février 2009 à 23 h 39

Le président américain a salué le rôle joué par le Canada dans la lutte contre les insurgés en Afghanistan et s'est voulu rassurant quant aux mesures protectionnistes qui pourraient nuire aux entreprises canadiennes.

Dans une entrevue exclusive accordée à la télévision anglaise de Radio-Canada, diffusée mardi soir, Barack Obama a parlé d'une « contribution extraordinaire » et a souligné la mémoire des soldats tombés au front. Il a également dit comprendre la frustration ressentie par de nombreux Canadiens face à ce conflit qui s'étire.

M. Obama entend profiter de sa première rencontre avec Stephen Harper, jeudi, à Ottawa, pour faire valoir les mérites d'une stratégie qui laisse une bonne place à la diplomatie, en plus de l'aide au développement, pour lutter contre l'insurrection.

Le président américain n'a toutefois pas l'intention de faire de demandes spécifiques au Canada quant à la poursuite de la mission dans le sud de l'Afghanistan au-delà de 2011.

« Je suis convaincu que l'on ne peut résoudre la question afghane, ni [freiner] les talibans et l'expansion de l'extrémisme par la seule voie militaire. Nous devons avoir recours à la diplomatie et au développement... », a plaidé M. Obama, qui espère que Stephen Harper saura partager son point de vue.

Le président américain a ajouté que son administration est à revoir la stratégie américaine en Afghanistan et qu'il dévoilerait le volet militaire « très bientôt ».

Des renforts en Afghanistan

Mardi après-midi, Washington a annoncé que le président Obama avait autorisé l'envoi de soldats supplémentaires en Afghanistan d'ici l'été. En tout, 17 000 militaires devraient être envoyés en renfort, soit une nouvelle brigade de 9000 hommes et 8000 Marines.

Le commandement militaire américain en Afghanistan avait demandé l'envoi de 30 000 militaires supplémentaires en Afghanistan cette année, soit près du double des effectifs actuellement sur le terrain.

En plus de la question afghane, la rencontre de jeudi devrait porter sur la crise économique mondiale, la sécurité à la frontière canado-américaine et les relations commerciales entre les deux pays.

Le vaste plan de relance de quelque 787 milliards du président Obama pour relancer l'économie américaine avait suscité des craintes au Canada dans un premier temps, en raison d'une clause protectionniste. Elle a par la suite été amendée pour garantir qu'elle n'aille pas à l'encontre des accords internationaux existants.

En entrevue, M. Obama a dit que les Canadiens ne devraient pas être « trop inquiets » de la clause Buy American, les États-Unis étant déterminé à respecter les accords « comme nous avons toujours fait », a indiqué le président.

Sur le plan environnemental, certains, comme l'Alberta, craignaient l'impact de normes plus sévères sur le carburant qu'a déjà évoquées le président américain. Barack Obama reconnaît que la production de pétrole en transformant les sables bitumineux était très polluante.

Mais il propose que le Canada et les États-Unis cherchent des solutions conjointes. « Je crois que si le Canada et les États-Unis peuvent collaborer sur les façons de capturer le carbone et les gaz à effet de serre avant qu'ils soient émis dans l'atmosphère, ce sera positif pour tout le monde », a-t-il dit au journaliste Peter Mansbridge.

Ignatieff prêt à présenter sa vision

Michael Ignatieff rencontrant la presse à Ottawa

Photo: La Presse Canadienne /Tom Hanson

Michael Ignatieff (archives)

Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Michael Ignatieff, a souligné son intention de profiter de sa brève rencontre avec le président américain à son arrivée au pays pour réitérer l'intention du Canada de retirer ses troupes en février 2011.

« Nous allons terminer notre mission militaire en 2011, je vais le dire clairement au président Obama », a déclaré le chef libéral lors d'un passage à Québec.

Michael Ignatieff entend aussi faire valoir auprès de Barack Obama l'intérêt de tenir compte de l'expérience canadienne en Afghanistan dans la constitution de sa stratégie globale.

« Nous sommes en quête d'une bonne stratégie en Afghanistan. Nous sommes un peu perdus en Afghanistan, pour parler franchement. Je supporte la mission mais nous sommes un peu perdus. Il faut trouver la bonne stratégie. M. Holbrooke [envoyé spécial américain pour l'Afghanistan et le Pakistan] fait cela et le Canada a une contribution à faire dans ce dossier », a-t-il ajouté.

Le chef libéral a par ailleurs indiqué qu'il n'entendait aborder la question du rapatriement d'Omar Khadr de Guantanamo avec le président américain. Selon lui, il ne serait pas opportun de demander à M. Obama d'intervenir auprès du gouvernement Harper dans ce dossier.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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