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International Cambodge

Ouverture du procès des Khmers rouges

Mise à jour le mardi 17 février 2009 à 18 h 38

Certains n'y croyaient plus. Il aura fallu attendre 30 ans après la chute du régime de Pol Pot pour que débute le premier procès international des Khmers rouges, responsables d'atrocités commises au nom d'une révolution communiste. On évalue à quelque 2 millions le nombre de morts attribués au régime entre 1975 et 1979.

Kaing Guek Eav, 66 ans, alias « Douch » est le premier à comparaître. Emprisonné depuis 1999, il est accusé de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de meurtres avec préméditation. C'est lui qui dirigeait le principal centre de torture du régime des Khmers rouges, la prison S-21. Jusqu'à 16 000 hommes, femmes et enfants y ont été détenus et torturés avant d'être exécutés. Cette prison, une ancienne école, est d'ailleurs devenue le musée du génocide cambodgien.

« Douch » risque la réclusion à perpétuité, puisque la peine de mort est exclue.

Quatre autres responsables du régime de Pol Pot, lui-même décédé en 1998, seront jugés à des dates ultérieures. Âgés de 76 à 83 ans, de nombreux Cambodgiens craignent qu'ils ne meurent avant leur procès. Il s'agit de l'ancien chef de l'État Khieu Samphan, de Ieng Sary, ancien chef de la diplomatie, de son épouse Ieng Thirith, qui était ministre des Affaires sociales, et enfin de Nuon Chea, l'idéologue du régime et « frère numéro 2 ».

Les tribulations entourant la constitution du tribunal ont été longues et difficiles. Il aura fallu au moins une dizaine d'années de tractations entre l'ONU et le gouvernement cambodgien de Hun Sen pour arriver à mettre sur pied ce tribunal, parrainé par les Nations unies, à Phnom Penh.

Arrivé au pouvoir en 1975 au Cambodge, le régime révolutionnaire de gauche des Khmers rouges aura fait régner la terreur durant quatre ans, pour prendre fin avec l'invasion du Cambodge par le Vietnam voisin, qui avait tenu tête aux Américains.

À l'exemple de la Chine, le régime communiste khmer avait vidé les villes au profit des campagnes. Les Khmers rouges avaient aussi épuisé la population par le travail forcé et éliminé systématiquement les « traîtres à la Révolution ».

La première audience du procès de « Douch » est limitée aux questions de procédure, alors que les premiers témoignages, eux, devraient commencer en mars.

Un Canadien au coeur des procédures

Les procureurs au procès de Kaing Guek Eav

Photo: AFP/Adrees Latif

Le procureur canadien Robert Petit et sa collègue cambodgienne au procès de Kaing Guek Eav.

Le procureur canadien Robert Petit, mandaté par l'ONU dans ce procès, voudrait traduire au moins cinq autres responsables Khmers rouges devant la justice pour faire toute la lumière sur les rouages de cette dictature meurtrière.

La procureure cambodgienne qui oeuvre aux côtés de l'avocat canadien dans ce procès s'oppose à cette idée.

L'avocate dit craindre pour la stabilité intérieure du pays si on remue trop le douloureux passé des Cambodgiens.

Or, plusieurs d'entre eux voient plutôt dans les appréhensions de la procureure une manipulation du gouvernement cambodgien pour éloigner l'attention du tribunal de plusieurs de ses membres qui sont d'anciens cadres khmers rouges.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press

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