Barack Obama était souriant à son arrivée en Floride mardi matin.
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PC/AP/Charles Dharapak
Le Sénat américain a finalement approuvé le plan de relance économique de l'administration Obama.
Le Sénat américain approuve finalement le plan de 838 milliards de dollars de l'administration Obama, tandis que le secrétaire au Trésor présente la seconde tranche du plan de sauvetage du système financier de 700 milliards adopté l'automne dernier par l'administration Bush.
Le plan de 838 milliards de dollars a été adopté mardi par 61 voix contre 37, trois sénateurs républicains ayant voté du côté des démocrates. Le document est le fruit d'un compromis élaboré ces derniers jours par des sénateurs modérés des deux partis pour remplacer le précédent plan de 940 milliards de dollars.
Le plan comporte des baisses d'impôt ciblées pour la classe moyenne, ainsi que des investissements publics en santé, en éducation, dans le développement énergétique et, surtout, dans les infrastructures. Les républicains ont fait pression pour réduire la part des dépenses publiques prévues dans le plan initial.
Barack Obama a déclaré que les baisses d'impôt ne pouvaient tout régler en elles-mêmes et qu'une intervention gouvernementale était nécessaire pour redresser l'économie. Il a donné l'exemple du Japon, qui peine encore à se remettre de la récession des années 1990. Une « décennie perdue » en raison d'un manque de soutien gouvernemental, a dit le président américain.
La Chambre des représentants et le Sénat doivent à présent négocier pour parvenir à un texte de compromis qu'ils revoteront séparément. Lors de sa première conférence de presse, lundi, à la Maison-Blanche, M. Obama a demandé aux parlementaires de lui transmettre le plan de relance dès cette semaine pour qu'il puisse le promulguer au plus vite.
L'économie américaine a perdu près de 2 millions d'emplois au cours des trois derniers mois.
D'autres milliards pour sauver le système financier
De son côté, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a présenté la seconde tranche du plan de sauvetage du système financier de 700 milliards adopté l'automne dernier par l'administration Bush.
Ce plan tourne autour de trois axes principaux, soit:
Ainsi, le Trésor va créer une société regroupant tous les investissements du gouvernement dans les banques. Aucun montant précis n'a été donné.
Washington durcira l'accès aux fonds publics pour les établissements financiers, cet accès étant « un privilège et non pas un droit », a dit M. Geithner.
L'administration Obama va également créer une structure à capitaux publics-privés, dotée de 500 milliards de dollars, pour reprendre les actifs douteux qui plombent les bilans des banques. Les fonds de cette structure pourraient augmenter à 1000 milliards de dollars, si nécessaire.
Enfin, la Réserve fédérale américaine et le Trésor vont étendre leur programme de soutien au crédit à la consommation et aux entreprises en étant prêt à le financer jusqu'à hauteur de 1000 milliards de dollars.
M. Geithner annoncera aussi dans les prochaines semaines un plan pour le logement, qui viendrait en aide aux propriétaires menacés de saisie immobilière.
Réaction négative des marchés
Ce plan n'aura pas rassuré les marchés financiers. En milieu de journée, Wall Street a perdu plus de 3,5 %.
Le président de la société de gestion Seacliff Capital à San Francisco, James Ellman, cité par Reuters, a dit que « les investisseurs veulent de la clarté, de la simplicité et de la détermination. Ce plan est considéré comme alambiqué, brouillon et brumeux ».
Il a ajouté que « le spectacle d'énormes montants d'argent du contribuable apportés à des institutions qui ont contribué au déclenchement de la crise, avec une transparence et une surveillance limitées, ont ajouté à la défiance de l'opinion publique ».
Il faut dire que Tim Geithner n'aura certainement pas contribué à rassurer davantage les marchés financiers en déclarant à CNBC, mardi, que la crise financière actuelle était « sans précédent » et ne se résoudrait pas en quelques mois seulement.
« Je pense que les gens et, certainement, les marchés comprennent que c'est une crise financière aiguë et grave, et ce que nous devons faire, c'est d'être honnête et franc avec les gens pour leur dire combien cela va être difficile. Et, pour être honnête et direct, que cela va coûter des ressources et que cela va exiger que l'État prenne des risques que le marché ne peut pas prendre », a-t-il dit.