Timothy Geithner
©
AFP/Getty Images/ Win McNamee
Aux États-Unis, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a présenté mardi une nouvelle version du plan de sauvetage du système financier amorcé par l'administration Bush.
L'administration Obama présente une nouvelle version du plan de sauvetage du système financier amorcé par l'administration Bush.
Ce plan, espère-t-on, permettra de délester les banques de quelque 500 milliards de dollars américains d'actifs à risques et aussi, en coopération avec la Réserve fédérale, de débloquer 1000 milliards de prêts aux entreprises et aux ménages.
Le plan de M. Geithner contient trois éléments principaux, soit:
Ainsi, le Trésor va créer une société regroupant tous les investissements du gouvernement dans les banques. Aucun montant précis n'a été donné.
Washington durcira l'accès aux fonds publics pour les établissements financiers, cet accès étant « un privilège et non pas un droit », a dit M. Geithner.
L'administration Obama va également créer une structure à capitaux publics-privés, dotée de 500 milliards de dollars, pour reprendre les actifs douteux qui plombent les bilans des banques. Les fonds de cette structure pourraient augmenter à 1000 milliards de dollars, si nécessaire.
Enfin, la Réserve fédérale américaine et le Trésor vont étendre leur programme de soutien au crédit à la consommation et aux entreprises en étant prêt à le financer jusqu'à hauteur de 1000 milliards de dollars.
M. Geithner annoncera aussi dans les prochaines semaines un plan pour le logement, qui viendrait en aide aux propriétaires menacés de saisie immobilière.
Réaction négative des marchés
Ce plan n'aura pas rassuré les marchés financiers. En milieu de journée, Wall Street a perdu plus de 3,5 %.
Le président de la société de gestion Seacliff Capital à San Francisco, James Ellman, cité par Reuters, a dit que « les investisseurs veulent de la clarté, de la simplicité et de la détermination. Ce plan est considéré comme alambiqué, brouillon et brumeux ».
Il a ajouté que « le spectacle d'énormes montants d'argent du contribuable apportés à des institutions qui ont contribué au déclenchement de la crise, avec une transparence et une surveillance limitées, ont ajouté à la défiance de l'opinion publique ».
Tim Geithner n'a certainement pas contribué à les rassurer davantage, en déclarant à CNBC, mardi, que la crise financière actuelle était « sans précédent » et ne se résoudrait pas en quelques mois seulement.
« Je pense que les gens et, certainement, les marchés comprennent que c'est une crise financière aiguë et grave, et ce que nous devons faire, c'est d'être honnête et franc avec les gens pour leur dire combien cela va être difficile. Et, pour être honnête et direct, que cela va coûter des ressources et que cela va exiger que l'État prenne des risques que le marché ne peut pas prendre », a-t-il dit.
« Je pense que Wall Street espère une issue facile, et il n'y a pas d'issue facile », a déclaré de son côté le président Barack Obama.