Un pompier à l'oeuvre dans l'État de Victoria.
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AFP/Torsten BLACKWOOD
Les autorités australiennes s'attendent à ce que le bilan des victimes des incendies dépasse les 200 morts. Le dernier bilan officiel fait état de 181 morts, mais le premier ministre de l'État de Victoria, John Brumby, a précisé que le coroner avait encore identifié 50 corps qui n'ont pas été comptabilisés dans les données officielles.
Pendant que les Australiens comptent leurs morts, les feux de broussailles, alimentés par des rafales de vent, continuent de faire des ravages dans l'État de Victoria.
Les incendies de forêt qui font rage depuis samedi dans le sud-est de l'Australie ont aussi blessé 500 personnes, selon le premier ministre Kevin Rudd, détruit plus de 750 maisons et laissé 5000 personnes sans abri.
Les feux, qui ont dévasté quelque 2850 km2 de terres, se rapprochent de Melbourne, la deuxième ville du pays avec 4 millions d'habitants.
Des milliers de pompiers, de militaires, de policiers et de volontaires sont toujours à pied d'oeuvre pour tenter de maîtriser les feux de broussailles. Plusieurs pays ont offert leur aide à l'Australie. Le Royaume-Uni, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande fourniront des pompiers et de l'équipement pour combattre les feux.
Une centaine d'enquêteurs
Le pays est traumatisé par la violence des incendies et l'ampleur des ravages qu'il cause à leur passage. Mais les Australiens sont choqués par le fait que certains des brasiers aient été allumés, selon les autorités, par des mains criminelles.
Certaines zones détruites par le feu ont d'ailleurs été désignées scènes de crime. Afin de traquer les pyromanes, l'Australie a lancé l'opération « Phoenix », à laquelle sont affectés une centaine d'enquêteurs.
C'est notamment le cas à Marysville, où au moins 15 personnes ont connu une fin horrible. Selon le quotidien The Australian, les autorités craignent que jusqu'à 100 des 519 habitants du village soient morts brûlés.
Lundi, le premier ministre Kevin Rudd était à court de mots pour décrire la situation. « Que peut-on dire? Il n'y a pas d'autres mots que "massacre" (mass murder) pour décrire la situation », a-t-il déclaré au cours d'une tournée des régions dévastées. La vice-première ministre Julia Gillard a parlé de l'une des « pires journées de l'histoire de l'Australie en temps de paix ».
Le premier ministre de l'État de Victoria, John Brumby, a par ailleurs annoncé la tenue d'une commission royale d'enquête afin d'examiner tous les aspects de lutte contre les incendies de forêt. Selon le quotidien The Australian, l'enquête examinera notamment la politique de l'État, qui consiste à encourager les citoyens en bonne santé à défendre leur propriété.
« Des communautés entières ont été complètement éradiquées, complètement anéanties, par ce que les gens ont décrit comme une véritable boule de feu venue des montagnes et qui a dévoré tout ce qui se trouvait devant elle », a déclaré John Brumby.