![]() International Madagascar La ministre de la Défense claque la porteMise à jour le lundi 9 février 2009 à 10 h 52
« En tant que mère, je n'accepte pas cette violence », a déclaré lundi la ministre de la Défense Cécile Manorohanta pour expliquer sa démission. L'annonce en a été faite dans un communiqué diffusé par la radio privée Radio Antsive. « Selon ce qui avait été convenu au niveau du gouvernement, les forces de l'ordre étaient censées protéger la population et ses biens », a poursuivi Mme Manorohanta ajoutant: « après tout ce qui s'est passé, je décide de ne plus faire partie de ce gouvernement à partir de ce moment ». Samedi, à Antananarivo, la garde présidentielle a ouvert le feu sur les partisans du maire destitué de la capitale, tuant 28 personnes et en blessant plus de 200 autres. En tout, une centaine de personnes ont été tuées à Madagascar dans les violences qui ont émaillé depuis le 26 janvier le bras de fer entre Andry Rajoelina - destitué de ses fonctions de maire par le pouvoir central - et le président Marc Ravalomanana. Le président a publié un décret annonçant le successeur de Cécile Manorohanta peu de temps après cette annonce.C'est le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo, jusque-là directeur de cabinet militaire auprès de la présidence, qui a été nommé à la Défense. L'heure est au recueillement... Les habitants d'Antananarivo sont profondément choqués, plus de 5000 d'entre eux se sont recueillis sur la place du 13 Mai, où étaient exposés les cercueils de 4 des victimes. La presse, elle aussi ébranlée, parle de « carnage », de « boucherie ». Sur la place du 13 Mai, lieu historique de la contestation dans la Grande Île où M. Rajoelina tient ses réunions, des prières ont succédé aux cantiques diffusés par haut-parleurs, tandis que les photos de huit victimes étaient placardées en hauteur. Si un calme relatif est revenu dans les rues, les événements de la semaine passée pourraient bien conduire à une radicalisation aussi bien politique que populaire. Interrogé par l'AFP, Thaina Randrianalison, un étudiant de 26 ans de l'École nationale d'administration malgache (ENAM) a déclaré: « J'étais toujours resté neutre avant samedi, mais plus maintenant ». ...et à une solution pacifique La communauté internationale poursuit ses efforts pour éviter que la situation ne dégénère encore plus et organise un dialogue entre Andry Rajoelina et le président Marc Ravalomanana. Le sous-secrétaire général des Nations unies responsable des Affaires politiques, Haïlé Menkerios, a rencontré, ce lundi, Andry Rajoelina, tandis que l'Union africaine a dépêché l'ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères Amara Essy qui a réclamé « une solution pacifique et démocratique ». Toutefois, le maire d'Antananarivo a promis, dimanche, de continuer la « lutte » contre le pouvoir. « Moi je dis à la population que leur vie, leur sang qui a coulé, on ne peut pas les laisser tomber. La lutte continue », a déclaré Andry Rajoelina, après s'être rendu au chevet de ses partisans blessés. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et lemonde.fr Console Audio-vidéo
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