7 février 2009
![]() International Madagascar Situation chaotiqueMise à jour le dimanche 8 février 2009 à 17 h 28
Le Madagascar s'enfonce de plus en plus dans la crise et rien n'augure pour le moment d'une détente prochaine dans le bras de fer entre la présidence et l'opposition. Samedi, une manifestation d'opposants au président Marc Ravalomanana s'est transformée en bain de sang. Au moins 28 manifestants ont été tués par la garde présidentielle qui a utilisé des balles réelles pour disperser la foule massée devant le palais abritant le bureau du président. Le bilan des morts pourrait être encore plus élevé. On signale aussi plus de 200 blessés. Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, figure de proue de l'opposition, ne désarme pas. « Moi, je dis à la population que leur vie, leur sang qui a coulé, on ne peut pas les laisser tomber. La lutte continue », a-t-il déclaré, après s'être rendu au chevet de ses partisans blessés. Le calme était revenu dimanche dans la capitale malgache, où des Tananariviens sont allés nombreux à la messe. Environ 5000 personnes ont pris part à un culte oecuménique dans un gymnase où étaient exposés des cercueils. Accusations mutuelles Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana s'accusent mutuellement d'être à l'origine de la tragédie de samedi soir. Le président contesté a imputé les pertes de vies à son rival. « La semaine dernière, il [Rajoelina] affirmait qu'il avait pris le pouvoir. Aujourd'hui, il a ordonné à une foule immense de prendre le palais », a-t-il dénoncé. La réplique d'Andry Rajoelina a été immédiate. « Je vous condamne, M. Marc Ravalomanana. Y avait-il une vie à protéger dans ce palais? Est-ce que défendre un bureau réclamait de faire couler le sang? », a-t-il lancé. Le maire destitué a aussi promis de poursuivre le combat « jusqu'à la victoire finale ».
L'ONU à l'oeuvre Ces derniers développements risquent de compromettre les efforts de la communauté internationale pour organiser une rencontre entre les deux hommes forts de Madagascar. Le sous-secrétaire général des Nations unies en charge des affaires politiques, Haïle Menkerios, arrivé samedi à Madagascar, pourrait rencontrer M. Rajoelina lundi. L'ONU a appelé le gouvernement malgache à traduire en justice les responsables de la fusillade de samedi, tandis que la France a condamné la violence qui « ne peut aboutir qu'à une impasse ». Au total, une centaine de personnes ont été tuées dans les violences qui ont ponctué, depuis le 26 janvier, le bras de fer entre M. Rajoelina et le président Ravalomanana. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press
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