Le dur défi de l'Afghanistan

  |  Radio-Canada avec Associated Press et La Presse Canadienne
Richard Holbrooke à droite en compagnie de Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich Richard Holbrooke à droite en compagnie de Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich   © AFP/KAI MOERK

La guerre en Afghanistan sera beaucoup plus dure qu'en Irak. C'est essentiellement ce qu'a déclaré Richard Holbrooke, le nouvel émissaire de l'administration Obama pour l'Afghanistan et le Pakistan.

Le nouvel émissaire américain Richard Holbrooke estime qu'il sera plus difficile de ramener la paix et la stabilité en Afghanistan qu'en Irak, tandis que des informations font état de l'apparition d'un dangereux groupe terroriste à Kandahar.

Le récit de Stéphanie Tremblay

Dans un discours à la Conférence internationale de Munich sur la sécurité, l'architecte des accords de paix en Bosnie en 1995 a affirmé qu'il n'avait jamais connu une situation plus difficile que celle de l'Afghanistan tout au long de sa carrière diplomatique.

Les violences en Afghanistan ont atteint leur plus haut degré depuis l'offensive qui a chassé les talibans du pouvoir en septembre 2001.

Un peu plus tôt dimanche, toujours à Munich, le président afghan Hamid Karzaï avait prôné la réconciliation avec les talibans non liés à Al-Qaïda ou à des réseaux terroristes, en vue des élections de l'été.

Il les invite à rentrer en Afghanistan en prévision des élections prévues l'été prochain.

Le président afghan Hamid Karzaï Le président afghan Hamid Karzaï   © PC/MSC, Harald Dettenborn

Hamid Karzaï devra solliciter un autre mandat en août. Sa popularité s'est effritée en raison d'allégations de corruption contre son gouvernement, d'une production florissante d'opium et d'une insurrection talibane plus tenace que jamais.

Un groupe dangereux à Kandahar

Par ailleurs, les autorités canadiennes, américaines et afghanes font état de l'installation d'une branche plus extrémiste de talibans dans le sud de l'Afghanistan, rapporte La Presse canadienne.

Le réseau Haqqani, lié à Al-Qaïda, est maintenant actif à Kandahar. Il serait composé de terroristes bien entraînés et autrement plus redoutables que les autres insurgés.

C'est ce groupe qui a revendiqué la responsabilité de la tentative d'assassinat du président Hamid Karzaï, l'an dernier, et de l'attaque mortelle contre l'Hôtel Serena à Kaboul.

Le réseau Haqqani est dirigé par Maulavi Jalaluddin Haqqani, qui fut l'interlocuteur privilégié de la CIA pendant le djihad antisoviétique des années 80.

Des représentants américains considèrent le réseau Haqqani comme l'une des plus graves menaces contre l'OTAN et les forces américaines.

Les militaires canadiens ont refusé de commenter ces informations. Mais, selon La Presse canadienne, des documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information révèlent que, dès le printemps dernier, l'armée canadienne a constaté qu'un ennemi peut-être encore plus féroce était impliqué dans les attaques.

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