Une réputation à laver

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Leon Panetta Leon Panetta   © AFP/Win McNamee/Getty Images

Devant un comité sénatorial, le futur patron de l'agence de renseignement américaine, Leon Panetta, se prononce contre les méthodes d'interrogatoire assimilées à la torture.

Le futur directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), Leon Panetta, comparaissait devant le comité sénatorial sur le renseignement, jeudi après-midi, pour confirmer sa nomination par le président Barack Obama.

Questionné par les sénateurs, M. Panetta a estimé que la simulation de noyade (waterboarding), méthode d'interrogatoire « musclée » utilisée sous l'administration Bush, relève de la torture et que c'est « une mauvaise pratique ». Il s'est également prononcé contre l'idée de transférer des détenus dans des prisons secrètes à l'étranger pour les interroger sous la torture.

Selon lui, l'agence de renseignement est en mesure de mener à bien sa mission « dans le respect de la loi et de la Constitution ».

En savoir plus sur le Hamas

Par ailleurs, le futur patron de la CIA a fait part de la nécessité, pour les États-Unis, de collecter de meilleurs renseignements sur le Hamas, mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

M. Panetta veut notamment en savoir plus sur les tunnels qui relient la bande de Gaza et l'Égypte et qui sont entre autres utilisés pour la contrebande d'armes. Selon lui, George Mitchell, émissaire pour le Proche-Orient nommé par le président Obama, doit disposer « de la meilleure information possible sur ce qui se passe vraiment sur le terrain ».

Une nomination étonnante

La nomination de Leon Panetta, 70 ans, à la tête de la CIA avait soulevé un certain scepticisme. En effet, il ne possède aucune réelle expérience dans le domaine du renseignement ou du contre-terrorisme. Ses compétences sont plutôt d'ordre administratif et budgétaire. Il a notamment été secrétaire général de Bill Clinton à la Maison-Blanche et représentant de la Californie au Congrès, de 1976 à 1992.

Certains analystes voient son arrivée à la tête de l'agence de renseignement comme une tentative de passer l'éponge sur les différents scandales qui ont entaché la réputation de la CIA ces dernières années.

La CIA a entre autres été montrée du doigt pour son échec à prévenir les attentats du 11 septembre 2001, ainsi que pour avoir relayé des données erronées sur la présence d'armes de destruction massive en Irak, qui ont mené à l'invasion du pays par les États-Unis en 2003.

L'agence de renseignement a aussi essuyé son lot de critiques pour ses vols secrets vers la prison de Guantanamo et ses méthodes d'interrogatoire assimilées à de la torture, mises en place dans le cadre de la guerre au terrorisme de l'administration Bush.

« Je veux faire passer cette ère derrière nous. » — Leon Panetta

La prise de position de Leon Panetta contre la torture s'inscrit dans la philosophie du président Obama, qui a décrété la fin de cette pratique et des prisons secrètes.

Dans un texte publié l'an dernier dans les pages du Washington Monthly, M. Panetta écrivait que « ceux qui soutiennent la torture croient que nous pouvons faire subir des violences aux détenus dans certaines circonstances bien précises, tout en restant fidèles à nos valeurs. Mais c'est un faux compromis. Soit nous croyons en la dignité de l'individu, l'application du droit et l'interdiction de châtiments cruels, soit nous n'y croyons pas. Il n'y a pas de juste milieu ».

Leon Panetta relèvera de Dennis Blair, nouveau directeur du renseignement américain (DNI). Celui-ci avait formulé des commentaires semblables sur la torture, en janvier, devant le comité sénatorial sur le renseignement. « La torture est illégale, immorale, et inefficace », avait-il déclaré.

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