La guerre à l'opium progresse

  |  Radio-Canada avec Associated Press et La Presse Canadienne
Un garçon afghan cueille des pavots pour la production d'opium et d'héroïne. Un garçon afghan cueille des pavots pour la production d'opium et d'héroïne.   © PC/(AP Photo/Rahmat Gul, File)

Les Afghans sont les premiers producteurs mondiaux d'opium, mais la culture du pavot a connu un recul en 2008 qui pourrait s'accélérer en 2009.

La culture du pavot a connu une baisse en 2008, selon l'ONU, même si elle toujours bien enracinée dans les provinces du sud afghan.

L'Organisation des Nations unies fait état de cette situation dans un rapport rendu public dimanche.

Précisons que l'opium est l'ingrédient principal de l'héroïne et l'Afghanistan (surtout dans les provinces du sud) produit 90 % de l'approvisionnement mondial.

La production a déjà baissé de 6 %, à 7,7 tonnes métriques en 2008, et la culture du pavot a disparu dans 18 des 34 provinces du pays, selon l'enquête annuelle de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). Cette réduction est attribuable notamment à la sécheresse, à une chute du prix de l'opium et aux pressions gouvernementales,

L'ONU estime à 3,4 milliards de dollars la valeur totale de la récolte exportée l'année dernière, précise Antonio Maria Costa, directeur général de l'UNODC.

L'an dernier, un million de paysans ont renoncé à la culture du pavot, et presque tous les champs du pays sont désormais concentrés dans le sud et sud-ouest, où l'insurrection talibane est la plus active.

Le prix de l'opium a chuté d'environ 20 % en 2008, après trois années de surproduction. Le kilo d'opium se monnayait bien au-dessus des 100 dollars jusqu'au début de 2007. Il n'était plus que de 55 dollars le kilo en novembre 2008, soit son prix le plus bas depuis que l'ONU a commencé à surveiller les prix en Afghanistan.

En parallèle, le prix du blé et du maïs a presque doublé. Pour cette raison, un grand nombre de cultivateurs prévoient donc délaisser le pavot pour se consacrer à la culture de céréales, selon le rapport.

« Cette année pourrait marquer un tournant. Une baisse majeure est à notre portée », estime Kai Eide, représentant spécial de l'ONU en Afghanistan.

Il souligne les éventuelles implications « vastes et très positives » de ce tournant, l'industrie de l'opium étant « tellement liée au crime, à la corruption et à l'insécurité alimentaire », a-t-il expliqué à l'agence AP.

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