Barack Obama
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AFP/Saul LOEB
Barack Obama s'est emporté jeudi, comme jamais depuis qu'il est président des États-Unis, contre les primes « honteuses » que les sociétés de Wall Street ont continué à verser à leurs employés en 2008.
Le président des États-Unis tance vertement les sociétés de Wall Street qui ont versé d'importantes primes à leurs employés, malgré la crise économique.
« Cela s'est fait au moment où la plupart de ces institutions étaient près de s'effondrer et où elles demandaient de l'aide des contribuables pour les soutenir, alors que les contribuables eux-mêmes étaient dans une situation difficile parce que le système tout entier menaçait de leur tomber sur la tête s'ils ne leur venaient pas en aide. C'est le comble de l'irresponsabilité. C'est honteux », a dit M. Obama.
Les autorités de l'État de New York ont indiqué mercredi que les sociétés de Wall Street avaient versé près de 19 milliards de dollars de primes à leurs salariés, l'an dernier.
Le total des primes est beaucoup plus petit que celui des années précédentes, avec 33 milliards en 2007 seulement. Toutefois, il demeure qu'il s'agit de la sixième somme la plus importante de l'histoire en valeur absolue.
Les Américains « n'aiment pas que des gens creusent un trou plus profond alors qu'on leur demande de le remplir », a dit M. Obama.
Rappelons que le secteur financier a bénéficié en 2008 d'un plan d'aide de 700 milliards de dollars, lancé sous George W. Bush. L'argent devait stabiliser et relancer un système financier en crise.
Barack Obama demande maintenant aux entreprises de faire preuve de responsabilité, une thématique centrale de sa campagne électorale.
Scepticisme
La déclaration du président a été accueillie avec scepticisme par plusieurs analystes.
« Je comprends la colère de M. Obama et probablement de la plupart des contribuables, mais les gens de Wall Street ont-ils agi de manière irresponsable? On peut se poser la question », dit Alan Johnson, de Johnson Associates, en rappelant que beaucoup de personnes travaillent à la prime.
« Si vous dites: je ne verse plus de primes à personne, vous verrez probablement s'effondrer plusieurs de ces sociétés, ce qui serait encore pire que d'avoir des gens en colère. »
M. Obama s'emploie actuellement à faire adopter un gigantesque plan de relance de l'économie. Son administration veut aussi resserrer la réglementation du secteur financier pour éviter d'autres dérapages.