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AFP/Peter Klaunzer
Au deuxième jour du Forum économique mondial, qui se déroule à Davos, dans les Alpes suisses, le capitalisme a tenu le haut du pavé.
Chefs d'États et d'entreprises lancent un appel à un renforcement des règles du capitalisme à Davos, tout en préservant ce modèle économique, tandis que les altermondialistes le fustigent à Belem, au Brésil.
Avec une crise économique et une autre financière, les chefs d'État et d'entreprise se sont succédé pour lancer un appel au resserrement des règles du secteur boursier. « Le système financier a failli, mais pas le concept de la libre entreprise », a lancé l'ancien premier ministre britannique Tony Blair devant les 2500 participants de cette 39e édition du forum.
« Nous devrons sans conteste refondre l'environnement réglementaire pour les banques et les institutions financières », a convenu Stephen Green, président du conseil d'administration du groupe bancaire britannique HSBC, le plus important du monde. Le banquier a aussi évoqué le cas des pays en développement, qui seraient, selon lui, les principales victimes d'un abandon du capitalisme.
Parmi les mesures proposées par Stephen Green figure une rémunération plus « responsable ». Il a admis du même souffle avoir gagné 5,2 millions en 2007.
Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il a réitéré l'idée d'instaurer un organe de réglementation continental, voire international.
Il reste qu'aucune règle ne garantira que les dirigeants feront preuve du bon jugement essentiel à la survie à long terme des marchés financiers, a fait remarquer Stephen Green. Contrairement à la tradition, il était l'un des rares banquiers présents à Davos cette année.
Changement de ton, donc, pour cet événement qui a donné lieu au « consensus de Davos » lors de précédentes éditions, soit un libre marché dominant encadré par une réglementation limitée. L'année dernière, les différents intervenants qui y avaient pris la parole formulaient la thèse d'un « découplage », théorie selon laquelle la récession américaine ne s'étendrait pas au reste du monde.
Le protectionnisme et l'énergie
Nombre d'intervenants ont toutefois profité de leur passage pour s'opposer à un retour au protectionnisme économique. Le tout alors que l'Union européenne a promis jeudi de protester contre des dispositions du plan de relance américain qui favorisent les aciéries américaines au détriment de celles du reste du monde.
Tony Blair a par ailleurs exprimé le souhait que la crise incite les gouvernements à investir dans les « énergies de l'avenir », de façon à atténuer la dépendance du monde envers le pétrole et ses prix volatils. Le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, Abdalla Salem El Badri, a d'ailleurs déclaré qu'il n'hésiterait pas à agir pour relever le prix du baril.
L'ancien président américain Bill Clinton a fait écho à son homologue britannique en déclarant que les investissements à long terme dans l'énergie et les infrastructures ne sont pas les plus rentables à court terme.
« Passer à l'offensive » contre le capitalisme
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AFP/Vanderlei Almeida
En parallèle à ce sommet se déroule le Forum social mondial (FSM) de Belem, au Brésil. Et le discours y est aux antipodes: il faut « passer à l'offensive » contre le capitalisme libéral, a déclaré le président du Venezuela, Hugo Chavez.
« Pourvu que l'alternative [au système néo-libéral] vienne de ce Forum et d'Amérique latine », a renchéri le président équatorien Rafael Correa. À son arrivée, il s'est joint à un orchestre et a chanté « Commandante Che Guevara » en duo avec son homologue paraguayen Fernando Lugo.
Assistent aussi à ce sommet altermondialiste Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil, et le chef d'État de la Bolivie, Evo Morales.Les participants discuteront de l'impact de la crise économique sur leurs pays, de la recherche de solutions de rechange au modèle de développement capitaliste et de la lutte contre le réchauffement climatique.
Le président brésilien devrait d'ailleurs présenter un projet de sortie de crise passant « par un nouveau modèle productif et de consommation écologiquement durable », a affirmé son porte-parole, Marcelo Baumbach.
Les chefs d'État ne sont toutefois pas épargnés par les critiques. « Nous devons soutenir les présidents qui disent être de notre côté, mais ils doivent montrer qu'ils le sont dans la pratique », a déclaré Miguel Palacin, responsable de la coordination andine des organisations indigènes.
Une grande affiche au siège d'un syndicat prône « l'opposition » au président Lula, tandis que la Confédération des nations indigènes d'Équateur (Conaie) exhorte le FSM à « déclarer le président équatorien persona non grata », considérant ses actions « répressives et racistes ». Amnestie internationale a également appelé le président paraguayen « à faire la preuve de son engagement envers les droits des peuples indigènes ».
Quelque 100 000 militants de 150 pays participent à cet événement qui s'est ouvert mardi sous sa traditionnelle devise « Un autre monde est possible ».